Cette fête fut étendue à toute l’Église latine sous Pie X seulement, un demi-siècle après l’apparition de la Vierge à la Bienheureuse Bernadette Soubirous.
Comme jadis un grand nombre de diocèses fêtaient l’apparition de l’Archange Michel sur le mont Gargan, ainsi maintenant que la dévotion envers le sanctuaire marial de Lourdes a atteint une renommée mondiale, il a semblé convenable que toute l’Église occidentale fêtât pareillement les multiples apparitions de la Vierge Immaculée à la candide et naïve pastourelle. Ces révélations, authentiquées par des milliers de miracles, étaient certainement, dans l’intention de la Providence, comme le sceau du Ciel à la promulgation du dogme de l’Immaculée Conception de Marie, faite par Pie IX quelques années plus tôt. Elles font donc partie en quelque sorte de l’histoire de nos dogmes catholiques, et sous cet aspect la fête liturgique de ce jour a une haute signification apologétique, en tant qu’elle démontre que l’Esprit Saint, selon la promesse divine, deducet… in omnem veritatem.
L’antienne pour l’introït est tirée de l’Apocalypse (XXI, 2) : « J’ai vu la sainte cité, la nouvelle Jérusalem, qui descendait du ciel où est Dieu, et elle était toute ornée comme une épouse parée pour son époux. » Suit le premier verset du psaume 44. La beauté extérieure de la Vierge, alors que, vêtue de blanc, avec la ceinture bleue à la taille et les rosés sur les pieds, elle apparut à la pieuse Bernadette, indique les sublimes vertus par lesquelles elle attira à elle le Verbe de Dieu, de telle sorte qu’il se la choisit pour Mère.
La première partie de la collecte est prise de la messe de l’Immaculée Conception. Comme Dieu a voulu l’Immaculée Conception de Marie en vue de l’Incarnation de son Christ, qui s’épanouit comme une fleur sur une tige plantée dans une terre vierge et sans souillure, qu’ainsi il garde également de tout mal notre corps et notre âme, afin que nous aussi puissions être à notre tour le temple digne et sans tache du Saint-Esprit et le tabernacle de la divinité.
La lecture est tirée de l’Apocalypse (XI, 19 ; XII, 1, 10) là où saint Jean décrit le temple céleste et l’arche du Testament, figures sous lesquelles l’Esprit Saint désigne précisément Marie. Elle est en effet cette femme dont il est parlé dans les versets suivants, à laquelle le soleil sert de manteau, la lune d’escabeau sous ses pieds, les étoiles de diadème, et qui apparut à l’Apôtre toute remplie de majesté et de gloire, préludant ainsi au triomphe définitif du Christ.
Le répons-graduel est tiré du Cantique (II, 12-14) : « Les fleurs s’épanouirent dans notre champ ; c’est le temps de tailler, parce que l’on entend déjà roucouler les tourterelles. Lève-toi, ô ma bien-aimée, ma belle, et viens, ma colombe, entre les fentes des roches, entre les pierres des cavernes. » -— Cette application à la grotte de l’apparition est vraiment heureuse.
Le verset alléluiatique est tiré du même texte (Cant. II, 14 : « Montre-moi ton visage, que ta voix résonne à mes oreilles, car ta voix est suave et ton visage splendide. » — En la Vierge Marie, tout était sainteté et grâce, parce que tout procédait de cet Esprit Paraclet dont elle était le tabernacle.
Après la Septuagésime, au lieu du verset précédent, on devrait chanter le psaume-trait. Toutefois le rédacteur moderne semble en avoir ignoré la structure, car, au lieu d’un psaume, il nous a fait une petite rapsodie de versets enchaînés tant bien que mal.
Marie est l’honneur et la gloire du genre humain, car en elle la postérité d’Adam a remporté la victoire sur le dragon infernal dont le souffle empoisonné n’arriva jamais à flétrir le cœur de la Vierge.
La lecture évangélique de ce jour est constituée par un simple passage de celle du mercredi des Quatre-Temps d’Avent. La Vierge est saluée par l’Ange, qui lui annonce la sublime dignité à laquelle Dieu l’élève, la choisissant pour Mère de son Fils unique incarné. C’est Marie qui imposa à son divin Fils le nom de Jésus, l’Esprit Saint voulant nous indiquer par ce fait que, si Jésus est le Sauveur du genre humain, Marie toutefois est la dispensatrice de ces trésors de rédemption.
Le verset de l’offertoire est le même que pour la fête de l’Immaculée Conception, sauf l’Alléluia que l’on omet aujourd’hui.
Le rédacteur moderne des collectes de cette messe est trop préoccupé des guérisons prodigieuses qui se font à la grotte de Lourdes, pour que, après avoir demandé déjà la santé du corps et de l’âme dans la première collecte, il croie pouvoir se dispenser de répéter la même supplication dans la prière sur l’oblation. Il nous fait donc demander au Seigneur que, par les mérites de la Vierge Immaculée, le Sacrifice que nous allons offrir à la Divine Majesté monte au ciel comme un parfum délicieux, et nous obtienne la santé physique et morale désirée.
Le verset pour la communion est tiré du psaume 64 : « Vous avez visité la terre et l’avez désaltérée, vous l’avez rendue immensément riche. » Cette visite qui fait déborder le cœur d’œuvres saintes est celle que nous fait Jésus dans la sainte Communion.
C’est aux trésors de Jésus que Marie puise à son tour cette source abondante de grâces symbolisée à Lourdes par cette eau jaillissant de la roche vive de la grotte, et qui, recueillie dans les piscines, donne la santé à tant de malades.
A Lourdes, les pèlerins, après la messe et la communion, demandent à la Vierge une dernière bénédiction, avant de prendre le chemin de retour. C’est le concept dont s’inspire la collecte d’action de grâces de ce jour : « Que la bienheureuse Vierge réconforte par sa droite puissante tous ceux que vous avez rassasiés de l’aliment céleste, afin qu’ainsi tous puissent arriver heureusement à l’éternelle patrie. »
Lecture du livre de l’Apocalypse de saint Jean Apôtre
Alors le temple de Dieu s’ouvrit dans le Ciel, et l’Arche de Son alliance fut vue dans Son temple ; et il se fit des éclairs, et des voix, et un tremblement de terre, et une forte grêle. Et un grand signe parut dans le Ciel : une Femme revêtue du soleil, et qui avait la lune sous Ses pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Et j’entendis dans le Ciel une voix forte qui disait : Maintenant est établi le salut, et la force, et le règne de notre Dieu, et la puissance de Son Christ
† Lecture du Saint Évangile selon saint Luc
En ce temps-là, l’Ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph ; et le nom de la vierge était Marie. L’ange, étant entré auprès d’elle, lui dit : Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes. Elle, l’ayant entendu, fut troublée de ses paroles, et elle se demandait quelle pouvait être cette salutation. Et l’ange lui dit : Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus





