Martin, le plus illustre, le plus populaire des évêques de la Gaule, vint au monde à Sabaria, en Pannonie, où son père, officier païen de l’armée impériale, était campé avec sa légion.

Un changement de garnison amena le légionnaire idolâtre dans la cité de Pavie. C’était à l’époque où les solennités du culte catholique, reléguées jusque-là dans les catacombes, se produisaient enfin au grand jour. Martin se montrait épris des splendeurs d’une religion qu’il ne connaissait pas encore.

A dix ans il se fit inscrire parmi les catéchumènes. Deux ans après il voulait se faire anachorète, mais son père ne le lui permit pas. Lorsqu’éclata la guerre entre Constantin et Licinius, le fils du vétéran dut,malgré lui, s’enrôler sous les drapeaux, et comme il savait obéir à ses parents et à son prince, il fit avec conscience son apprentissage dans la carrière qui lui était imposée franchit avec succès les premières épreuves et fut envoyé comme officier dans les Gaules.

Il y servit jusqu’à l’avènement du césar Julien. La profession des armes fut pour lui comme un noviciat de la vie monastique. Obligé par son rang d’avoir un serviteur, il en fit le compagnon de ses exercices religieux. Dans le secret de leur intimité, c’était le maître qui voulait servir. Rien d’ailleurs de ces détails ne transpirait au dehors. Martin, aimé de ses chefs, estimé de ses égaux, était connu pour l’un des plus braves soldats de sa légion ; il donna mille preuves de sa valeur sur les divers champs de bataille. Une seule chose le trahissait quelquefois, son tendre amour pour les pauvres. Un jour, pendant ce rude hiver où Julien l’Apostat faillit être asphyxié à Lutèce, Martin traversait à cheval la porte de la cité d’Amiens. Un vieux mendiant, presque nu,se trouvait là, grelottant de froid et demandant la charité des voyageurs. L’officier n’avait plus une seule pièce de monnaie. Il détacha son manteau de ses épaules, d’un coup de sabre le fendit en deux et en jeta la moitié aux pieds du mendiant. La nuit suivante Jésus-Christ lui apparut couvert de ces dépouilles opimes de la charité. Le Seigneur disait aux anges qui l’environnaient : « C’est Martin, le catéchumène, qui m’a couvert de ce manteau ! » Après cette vision, Martin demanda le baptême et n’aspira plus qu’à se consacrer à Dieu. Toutefois, sur le conseil d’un de ses chefs, il attendit encore deux ans pour se retirer de l’armée.

Le premier usage que Martin fit de sa liberté fut d’aller se mettre sous la direction du grand évêque de Poitiers. Saint Hilaire apprécia bientôt le trésor que la Providence lui envoyait. Il voulut élever son nouveau disciple au diaconat. Martin refusa cet honneur et ne consentit qu’avec peine à recevoir l’ordination d’exorciste. L’exil de saint Hilaire, qui survint alors, sépara ces deux grandes âmes, et pendant que le pontife partait enchaîné pour la Phrygie, Martin prit seul et à pied la route de l’Italie. Le serviteur de Dieu se réfugia dans une île déserte de la côte de Gênes, appelée Gallinaria. Il y vécut en ermite jusqu’au moment où le décret de 360 rendit Hilaire à son église.

Martin courut retrouver son ancien maître à Poitiers. Avec son concours, il alla fonder en une solitude que nous appelons aujourd’hui Ligugé, le premier monastère qui ait été construit dans les Gaules (360). Il n’en sortait que pour évangéliser les populations voisines.

Les miracles du grand thaumaturge déterminèrent le peuple de Tours à le choisir pour évêque (371). Le saint homme ne changea rien à sa vie, à son costume, ni à ses mœurs. La dignité d’évêque, qu’il porta si bien, ne semblait qu’avoir ajouté encore à la modestie du moine. Il résida quelque temps dans une cellule attenant à son église. Mais bientôt la multitude des visiteurs rendit cette habitation insuffisante. Il établit alors, à deux milles de la cité, un monastère Marmoutiers (Martini monasterium), où quatre-vingts religieux vinrent se grouper autour de lui.

Le 11 novembre 396 saint Martin rendit au ciel son âme qui avait tant travaillé à l’œuvre de Dieu sur la terre.

Son successeur, saint Brice, fit élever à sa mémoire un superbe tombeau, qui devint illustre par un concours immense de pèlerins venus de toute l’Europe, et où les miracles fuient éclatants et nombreux.

Réflexion Pratique

Au début de cette vie de merveilles, que trouvons-nous ? L’aumône au vieillard d’Amiens. Faites du bien à vos frères les pauvres, et vous pourrez compter sur les bénédictions du ciel.

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Vie de Saint Martin
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