L’Irlande fête en ce jour son grand apôtre saint Patrice. Cet évêque, originaire d’Écosse selon quelques auteurs, de la Grande-Bretagne selon d’autres, eut pour père Calphurnius et pour mère Concessa, nièce de saint Martin de Tours.

A l’âge de seize ans, des barbares l’enlevèrent et le conduisirent en Irlande, où il fut réduit à garder les troupeaux. Dès lors, il donna des marques de la plus haute sainteté : pénétré d’une foi vive et d’une crainte amoureuse du Seigneur, il prévenait le jour, et, bravant la neige, la glace, la pluie, s’adonnait avec ardeur à la prière. Cet esprit d’oraison continuelle ne l’abandonna jamais. C’était cent fois le jour et cent fois la nuit qu’il élevait son cœur vers Dieu. Délivré de la servitude au bout de six ans, il revint en Écosse, s’appliqua longtemps aux Lettres divines, entra dans les ordres et parcourut les Gaules et l’Italie.

Pendant son séjour à Rome, un avis du ciel lui fit entendre qu’il était destiné à évangéliser l’Irlande. Il lui semblait d’ailleurs entendre la voix des petits enfants de ce malheureux pays qui lui demandaient le baptême en criant : « Reviens, reviens nous sauver ! » Le pape Célestin le consacra évêque et l’envoya, muni des pouvoirs apostoliques, dans ces contrées encore barbares. Grâce au zèle de ce nouvel apôtre, la foi fut implantée dans cette île pour y fleurir à jamais. Cependant ce ne fut point sans peine : le saint eut beaucoup à souffrir de la part des infidèles et faillit plusieurs fois endurer le martyre. Il convertit un grand nombre de païens, bâtit des églises, établit des écoles où la piété et les bonnes études marchaient de pair, et, après avoir établi son siège à Armach, dont les autres églises furent suffragantes, il se démit de ses fonctions épiscopales en faveur de Bénigne, prince Irlandais qu’il avait converti. Favorisé de visions célestes, orné du don de prophétie et du pouvoir des miracles, qu’il opéra nombreux et éclatants, Patrice devint bientôt illustre par toute l’Église. Les monastères qu’il fonda devinrent l’asile et le foyer de la poésie celtique : une fois transformés, dit un vieil auteur, les chants des bardes furent si beaux, que les anges de Dieu se penchaient au bord du ciel pour les écouter.

Patrice était parvenu à un âge fort avancé lorsque Dieu lui fit connaître sa fin prochaine. Près de Doun, raconte son biographe, se trouvait un monastère de pieuses vierges, sous la direction de Brigitta, la perle de l’Hibernie. Le bienheureux évêque, entouré d’un cortège de religieux et de clercs, voulut visiter ces saintes filles et leur adresser une dernière fois ses paternelles exhortations. Pendant qu’il parlait, on vit une lumière brillante se fixer sur un point du cimetière, à l’est de l’église ; tous les assistants demandèrent au saint de leur interpréter ce signe du ciel. Patrice refusa de répondre, et, s’adressant à Brigitta : « Ma fille, » lui dit-il, « expliquez-nous vous-même le sens de cette apparition. » — « Le Seigneur, » répondit l’abbesse, « veut ainsi marquer la tombe où reposera bientôt son vénérable serviteur. » Patrice n’insista pas. Au moment de quitter Brigitta, il lui dit en secret : « Je retourne au monastère de Sabal. Préparez le suaire où vous devrez m’ensevelir et apportez-le sans retard. » Arrivé à Sabal, l’homme de Dieu s’étend sur sa couche, reçoit les divins mystères, bénit les siens, et passe des douleurs du temps aux joies de l’éternité. Brigitta, pieusement accourue, ensevelit sa dépouille mortelle et la dépose dans la tombe miraculeusement désignée au cimetière de Doun.

Par sa prédication, Patrice, d’un pays idolâtre avait fait l’ile des saints.

RÉFLEXION PRATIQUE

Patrice, au milieu des incessants labeurs de son apostolat, dit la légende, trouvait chaque jour le temps de réciter tout le psautier, de faire deux cents oraisons, trois cents génuflexions, et le double de signes de croix. Et nous ne savons pas ménager quelques minutes pour notre âme et pour Dieu ! Quel contraste.

Panier

Tous droits réservés Veni Creator © . Textes ou les photographies ne peuvent être reproduites, téléchargées, copiées, stockées, dérivées ou utilisées en partie ou en intégralité.

Retour en haut