Cette solennité, dit le pieux saint Bernard dans son deuxième sermon sur cette fête, est tout ensemble glorieuse pour Jésus-Christ, et pleine de joie et de douceur pour vous ; parce que c’est l’accomplissement de tous ses mystères et l’heureuse clôture de tout son voyage en ce monde, et que l’on y voit manifestement que son empire ne s’étend pas seulement sur les eaux, sur la terre et sur les enfers, comme il l’avait montré jusqu’alors, mais que l’air même, et le ciel, et le plus haut des cieux lui sont soumis ; de sorte quil est le Maître et le Seigneur absolu de toutes choses.

Elle est pleine de joie et de douceur pour nous, parce que si Jésus-Christ monte au ciel, c’est pour y attirer plus puissamment nos cœurs, pour y disposer des places proportionnées à nos mérites, pour nous y servir d’avocat et de médiateur auprès de son Père, pour en faire descendre sur nous le Saint-Esprit, avec la plénitude de ses grâces, et enfin pour nous y recevoir à l’heure de notre mort, si nous sommes fidèles dans l’observance de ses commandements. Il y avait déjà quarante jours qu’il était ressuscité, et qu’au lieu de cette vie mortelle et sujette à nos misères que la mort lui avait ravie, il avait repris une vie bienheureuse et immortelle. Il avait eu soin, pendant tout ce temps, de consoler souvent ses Apôtres par des visites publiques et particulières, de les confirmer de plus en plus dans la créance et la foi de sa résurrection, et de les instruire, comme dit saint Luc, du royaume de Dieu, c’est-à-dire de ce qui concernait l’établissement et la bonne conduite de son Église, dont il les faisait les fondateurs et les princes. (Act., I, 3.) Enfin, le quarantième jour étant arrivé, il leur apparut et les visita pour la dernière fois. Ni l’Évangile ni le Livre des Actes des Apôtres ne disent clairement en quel lieu se fit cette apparition, mais ils insinuent assez et nous donnent tout sujet de croire que ce fut à Jérusalem, dans cette maison où ils avaient coutume de se retirer. Après qu’il les eut salués à son ordinaire, en leur donnant sa paix, il leur fit ses plaintes de ce qu’ils avaient cru si difficilement et si tardivement à sa résurrection, malgré le témoignage des personnes qui l’avaient vu ressuscité. Ensuite, il leur dit qu’ils voyaient eux-mêmes l’accomplissement de ce qu’il leur avait prédit avant sa Passion, et lorsqu’il conversait avec eux sur la terre, à savoir : qu’il devait être mis à mort et ressusciter le troisième jour, et les envoyer dans toutes les nations prêcher la pénitence et le pardon des péchés ; comme il était écrit de lui dans la loi, dans les psaumes et dans les Prophètes. En même temps, il leur ouvrit l’esprit pour entendre les Écritures, et pour y reconnaître distinctement ces admirables prédictions ; ce qui leva entièrement tous leurs doutes et dissipa tous les nuages qui pouvaient être restés dans leur imagination. De plus, il les avertit que ce n’était pas assez qu’ils crussent ces vérités, mais qu’ils en devaient être aussi les témoins et les prédicateurs par tout le monde, et que, pour les rendre capables d’un si grand ministère, il leur enverrait le Saint-Esprit qu’il leur avait promis, et dans lequel ils seraient baptisés, comme les disciples de Jean avaient été baptisés dans l’eau. En attendant ce bonheur, et qu’ils fussent revêtus de cette vertu céleste, ils devaient demeurer en repos dans la ville et n’en point sortir. À ce sujet, quelques-uns de l’assemblée lui demandèrent si c’était en ce temps qu’il rétablirait le royaume d’Israël et lui rendrait son ancienne splendeur. Il leur répondit que ce n’était pas à eux de savoir les temps et les moments que son Père avait mis en sa puissance, mais qu’ils devaient seulement avoir soin de se bien disposer à recevoir la force que le Saint-Esprit leur viendrait communiquer, afin de publier hautement son Évangile dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans toute la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. Saint Luc, dans les Actes des Apôtres, nous apprend encore que Notre-Seigneur mangea pour lors avec eux. Il le fit, non pour les convaincre davantage de la vérité de sa chair, dont ils ne pouvaient plus douter, mais pour leur montrer, par cette condescendance merveilleuse, que, quoiqu’il eût changé de condition et qu’il fût sur le point de monter au plus haut des cieux, et de s’asseoir à la droite de Dieu son Père, néanmoins il n’avait rien diminué ni ne diminuerait rien de son affection et de sa bienveillance envers eux.

Comme ce n’était pas dans la ville qu’il avait résolu d’accomplir le mystère de son Ascension, le repas étant fini, il les emmena dehors avec plusieurs autres disciples qui s’étaient joints à eux pour avoir part à cette grande fête, et qui pouvaient faire le nombre de cent vingt. Cette admirable procession passa en plein midi par les rues de Jérusalem. Les Juifs virent bien les Apôtres et les disciples qui passaient devant leurs portes avec une modestie angélique et un visage plein de la joie des Saints, mais ils ne virent pas le Sauveur qui marchait à leur tête, parce qu’il se rendit invisible pour eux, afin de ne pas leur découvrir ce qu’’il allait faire. La haine qu’ils avaient conçue contre lui et contre les siens pouvait bien les porter à se jeter sur cette troupe sacrée ; mais le Saint-Esprit leur donna une telle impression de crainte et de révérence, qu’ils demeurèrent comme interdits et les laissèrent passer en paix. Le Sauveur conduisit d’abord cette sainte troupe à Béthanie, chez ses bienheureuses hôtesses Marthe et Madeleine, où il est très-probable que sa très-sainte Mère, et plusieurs autres personnes qui lui étaient affectionnées, s’étaient retirées pour l’y attendre. Après les avoir remerciées pour la dernière fois des assistances qu’elles lui avaient rendues pendant le temps de sa vie mortelle, et les avoir divinement consolées sur sa séparation, il les invita à venir avec lui pour assister à son triomphe. Chacun étant prêt et brûlant du désir de voir une merveille si surprenante, il continua sa marche et prit le chemin de la montagne des Oliviers, où quarante-trois jours auparavant il avait sué sang et eau, et avait été pris et lié par les Juifs. C’était le lieu qu’il avait choisi pour le terme de son départ. Y étant arrivé, il donna le dernier adieu à cette grande assemblée d’hommes et de femmes, leur réitérant les anciennes promesses qu’il leur avait faites d’être toujours avec eux et de ne les abandonner jamais, de leur envoyer au plus tôt l’Esprit consolateur, de leur préparer des places dans le ciel, et de les y recevoir après qu’ils auraient combattu sur la terre avec courage et persévérance pour la gloire de son nom. Ensuite, il leur permit à tous, comme la piété nous oblige de le croire, de lui baiser les pieds et les mains, et nous pouvons même inférer de sa très-grande bonté qu’il honora sa divine Mère d’un baiser de sa bouche.

Enfin, ayant élevé ses mains au ciel, comme pour montrer le lieu d’où il fallait attendre toutes les grâces, il leur donna sa bénédiction, ce qu’il fit probablement en formant de la main droite un signe de croix, comme l’Église l’a toujours observé depuis dans ses bénédictions. On ne sait pas de quelles paroles il se servit en cette cérémonie. Peut-être prit-il celles du rituel des Juifs pour la bénédiction du peuple, qui sont les suivantes : « Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu’il vous montre sa face divine et qu’’il ait pitié de vous. Qu’il tourne son visage vers vous pour vous regarder d’un œil favorable et qu’il vous donne la paix ».

En même temps, on le vit monter au ciel, non pas avec rapidité ni par une vertu étrangère, comme Énoch et Élie avaient été autrefois emportée dans l’air, mais par sa propre vertu et en s’élevant peu à peu, de même que l’on voit s’élever un rayon de fumée qui sort d’un parfum de myrrhe et d’encens mis sur des charbons ardents. Nous n’avons pas de témoignage évident dans l’Écriture que les saints Pères, qu’il avait délivrés des limbes, ni que les chœurs des anges aient paru visiblement aux disciples en ce triomphe ; ni même qu’il s’y soit fait entendre d’eux par quelque harmonie corporelle et sensible. Néanmoins, il est certain que tous ces glorieux captifs y assistèrent, et que le Sauveur les emmena avec lui dans le ciel, comme le déclare le Roi-Prophète, et, après lui, l’apôtre saint Paul, en ces termes : « Jésus-Christ, en montant en haut, a emmené les captifs qu’il avait conquis ; il a fait des présents aux hommes ». (Eph. IV, 8.) Ainsi, nous pouvons contempler autour de lui ces grands et admirables personnages, dont la foi et la piété sont si hautement louées dans les livres de l’Ancien Testament, savoir : l’innocent Abel, le juste Noé, l’obéissant Abraham, le chaste Isaac, le fort Jacob, le prudent Joseph, le patient Job, le doux Moïse, le zélé Phinées, le fidèle Samuel, le bon Ézéchias, le puissant Élisée, l’éloquent Isaïe, le charitable Jérémie, le généreux Élzéar et mille autres semblables, et avec eux toutes ces saintes femmes de la loi de nature et de la loi écrite, qui ont immortalisé leurs noms par la grandeur de leur courage et par l’éminence de leurs vertus. Mais parmi tous les autres, on distinguait le divin chantre à qui Dieu avait manifesté, plus de mille ans auparavant, les plus belles circonstances de ce mystère. Ils publiaient tous à l’envie les plus hauts faits de leur libérateur, ils lui donnaient mille louanges, ils applaudissaient de tout leur cœur à la magnificence de son triomphe. Des chœurs se répondaient l’un à l’autre avec une douceur, une mélodie qui surpasse tous nos sens et qui n’est pas de ce monde. Nous ne voulons pas dire néanmoins qu’elle fut purement spirituelle ; car, puisque Notre-Seigneur avait un corps, il était raisonnable qu’il fût conduit dans le ciel avec une harmonie corporelle, et c’était là sans doute la partie de ceux qui, étant ressuscités en sa compagnie, montaient aussi avec lui en corps et en âme ; mais ce concert était tel qu’il n’y a rien de semblable sur la terre, et que l’ouïe des hommes mortels n’était pas capable d’elle-même d’en percevoir les célestes accords.

David entonnait les beaux versets qu’il avait autrefois chantés devant l’Arche d’alliance : « Chantez », disait-il, « chantez les magnificences de notre Dieu ; chantez, chantez les merveilles de notre Roi ; chantez les grandeurs de celui qui monte vers l’Orient sur le plus haut des cieux ; chantez à son honneur un cantique nouveau, parce que c’est un Sauveur fort et puissant qui a fait des choses admirables ». Certes, il était bien juste que l’on chantât, ce jour-là, un cantique nouveau, puisque la fête était toute nouvelle, et qu’il n’y avait rien de si surprenant que de voir notre nature, à laquelle on avait dit autrefois : « Tu es poudre et tu seras réduite en poudre », être alors élevée, en Jésus-Christ, au-dessus des planètes et des étoiles, et ne trouver point d’autre terme de son exaltation que la droite du Père éternel et le trône de la divinité ; mais quel cantique nouveau pouvait-on chanter plus à propos que celui-ci : « Oh ! que c’est une chose excellente et agréable que des frères vivent dans une société parfaite ! » (Ps. CXXXVII, 1.) L’esprit et le corps de Jésus-Christ étaient comme deux frères, mais qui avaient vécu dans des états et des conditions bien différents ; car, tandis que l’esprit jouissait de la Béatitude et qu’il était inondé des délices ineffables de l’éternité, le corps avait la douleur pour son partage et était abîmé dans un océan de misères ; mais, en ce jour, ils ont une parfaite communion et une société de biens, jusque-là que le corps quitte la demeure qui lui est naturelle, pour monter dans le pays des esprits et pour aller habiter dans le lieu où les seules intelligences avaient accès. Quant aux chœurs des anges, il ne faut point douter qu’ils ne soient tous venus au-devant de leur Souverain, pour le congratuler de ses grandes victoires, pour lui faire une escorte pompeuse et magnifique, et pour le conduire d’une manière triomphante jusque sur le trône de son empire. Dire qu’ils aient articulé des voix et formé une harmonie capable de délecter les sens, c’est ce qui n’est pas entièrement assuré. Néanmoins, comme l’Évangile nous apprend qu’ils le firent au temps de sa naissance, et qu’il est probable que, dans le ciel même, ils forment un concert perpétuel, comme de toutes sortes d’instruments de musique, pour réjouir l’ouïe des corps glorieux, il y a grand sujet de croire qu’en ce triomphe ils joignirent à leurs louanges et à leurs adorations en esprit, une mélodie corporelle qui répondait à celle des Patriarches, des Prophètes et des autres Saints et Saintes d’entre les hommes. Et c’est peut-être dans cette vue qu’il est dit au psaume XLVI : « Dieu est monté au milieu des cris de joie,et le Seigneur au son des trompettes ». « Levez-vous, Seigneur », chantaient ces troupes angéliques, « levez-vous et entrez dans votre repos. Levez-vous avec votre humanité sainte, avec l’arche de votre sanctification ; cette arche que vous avez sanctifiée par vous-même et de toute l’onction de votre divinité ; cette arche dans laquelle sont renfermés tous les trésors de la bonté et de la sainteté de Dieu ; cette arche, enfin, qui n’a été ouverte et percée sur la croix que pour répandre des torrents de sainteté dans le monde : levez-vous avec cette arche, afin que, comme elle a été toute noyée dans la douleur, elle soit toute comblée de délices, et que, comme elle a porté le prix du rachat de tous les hommes, elle reçoive leur liberté pour récompense ».

Pendant que Notre-Seigneur s’élevait ainsi vers le ciel, les Apôtres et les autres disciples qui ne le pouvaient suivre de tout le corps, le suivaient du cœur et des yeux. Mais lorsqu’il fut à une telle distance qu’ils ne le pouvaient presque plus apercevoir, une nuée le vint envelopper et le déroba entièrement à leur vue ; et au même instant, franchissant l’espace , il monta jusqu’au sommet du ciel ; là, ayant présenté à son Père éternel les illustres captifs qu’il avait délivrés des enfers, il en reçut une louange au-dessus de toute louange, et une gloire au-dessus de toute gloire, et s’assit à la droite de sa divine Majesté ; c’est-à-dire qu’il entra, même en tant qu’homme, dans la jouissance immuable et éternelle des honneurs souverains de la divinité. Cependant, ces pauvres disciples, quoiqu’ils ne le vissent plus, ne laissaient pas de demeurer toujours les yeux vers le ciel, comme des personnes transportées hors d’elles-mêmes et ravies en extase. Mais enfin, deux anges leur apparurent sous forme humaine et vêtus d’habits blancs, et leur dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder fixement en haut ? Ce Jésus, qui était au milieu de vous, et qui a été élevé au ciel, en descendra un jour de la même manière que vous l’avez vu monter aujourd’hui ». (Act., I, 11.) De ces paroles nous pouvons encore conclure l’excellence du triomphe de l’Ascension, puisqu’il est constant que quand Jésus-Christ descendra du ciel pour juger les vivants et les morts, ce sera avec une pompe et une gloire incomparables.

Alors ces bienheureux témoins de notre mystère partirent de la montagne des Oliviers, retournèrent à Jérusalem, qui n’en était éloignée que d’une demi-lieue, et là se retirèrent dans leur domicile ordinaire, savoir : les onze Apôtres, qui étaient Pierre, Jean, Jacques, André, Philippe, Thomas, Barthélemi, Matthieu, Jacques, fils d’Alphée, Simon, dit le Zélé, et Jude, frère de Jacques, et plusieurs des disciples qui composaient, avec les Apôtres, à peu près le nombre de cent vingt, comme saint Luc l’a remarque en parlant de l’élection de saint Matthias comme douzième Apôtre. Leur occupation continuelle fut la prière, qu’ils faisaient tous ensemble d’un même esprit et d’un même cœur, avec les saintes femmes, et Marie, mère de Jésus, et quelques-uns de ses parents. Voilà jusqu’où le texte sacré du livre des Actes des Apôtres nous conduit. Sur ces mystères, nous pourrions proposer beaucoup de considérations savantes et spirituelles pour servir d’instruction et de sujet de méditation aux lecteurs ; mais, comme elles se trouvent amplement dans le R. P. Louis de Grenade, au livre de ses Additions au Mémorial de la vie chrétienne, et dans plusieurs autres auteurs qui se sont appliqués, depuis lui, à donner des méditations au public, et que, d’ailleurs, nous ne voulons pas excéder les justes bornes d’une histoire, nous prions les personnes dévotes d’avoir recours à leurs écrits.

Au reste, Notre-Seigneur, en montant au ciel, voulut laisser sur la terre une marque visible de cette grande action ; car il imprima si fortement les vestiges de ses pieds sacrés à l’endroit d’où il s’éleva, qu’ils y demeurèrent toujours gravés, sans que ni le vent, ni la pluie, ni la neige, ni les plus grandes tempêtes fussent capables de les effacer. Saint Jérôme, écrivant sur ce miracle, assure qu’il durait encore de son temps ; quoique les fidèles prissent tous les jours, par dévotion, de la terre de ce même endroit, néanmoins ces vestiges ne disparaissaient point, retournant incontinent à leur premier état. Il ajoute que l’église au milieu de laquelle ils étaient, ayant été bâtie en forme de dôme tout rond, et d’une fort belle architecture, on ne put jamais, à ce que l’on disait, couvrir ni lambriser l’espace par où le corps du Sauveur avait passé ; mais que ce passage était demeuré ouvert depuis la terre jusqu’au ciel. Saint Optat, évêque de Milève, en Afrique ; saint Paulin, évêque de Nole, et Sulpice Sévère, rendent aussi le même témoignage. Mais ce qui est fort remarquable et fait voir encore davantage la grandeur du miracle, c’est que l’armée romaine, assiégeant Jérusalem, campa en ce lieu, comme l’historien Josèphe l’a remarqué dans ses livres de la Guerre des Juifs ; de sorte que les hommes et les chevaux le foulèrent aux pieds un million de fois ; ce qui était plus que suffisant pour effacer, non-seulement quelques légères marques , mais celles-là mêmes qui auraient été gravées sur le marbre et sur l’airain ; et néanmoins toute cette armée n’altéra en rien ces vestiges. Au temps du vénérable Bède, c’est-à-dire vers l’année 700, les choses étaient encore au même état, comme il l’écrit lui-même dans son livre des Saints-Lieux, où il dit aussi que, tous les ans, le jour de l’Ascension de Notre-Seigneur, après la messe solennelle, il avait coutume de venir du haut de cette église un grand tourbillon de vent qui couchait contre terre tous ceux qui étaient dedans, et que, la nuit de la même solennité, l’on voyait comme en feu toute la montagne, avec les lieux d’alentour, par la quantité de flambeaux ardents qui y paraissaient. Mais enfin, par l’envie des ennemis de notre foi, la pierre où ces sacrés vestiges du Sauveur étaient imprimés, a été enlevée de sa place et employée à boucher la porte orientale de ce temple, qu’ils ont fait fermer. C’est ce qu’en rapportent les auteurs des derniers siècles qui ont fait la description des Saints-Lieux, et, après eux, le cardinal Baronius, an premier tome de ses Annales, sur la trente-quatrième année de Notre-Seigneur.

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