Le cheminement de la montée d’une âme vers Dieu comporte ainsi trois étapes successives :

  • La voie Purgative des commençants dans laquelle l’âme se détache du péché mortel. Cette étape se termine par la nuit des sens : Dieu nous retire alors toute forme de consolations sensibles pour nous obliger à ne plus rechercher les consolations de Dieu, mais le Dieu des consolations !
  • La voie Illuminative des progressant dans laquelle l’âme se détache du péché véniel délibéré. Dieu donne à cette âme des lumières spirituelles importantes. Mais cette étape se termine par la nuit de l’esprit, épreuve terrible par laquelle Dieu coupe l’âme de toutes consolations intellectuelles et spirituelles. L’âme se retrouve dans un trou noir, avec l’impression d’avoir perdu la Foi.
  • La voie Unitive des parfaits représente l’étape finale ; les obstacles ont tous été enlevés, et l’âme, libérée de toute contrainte, peut s’élancer comme un oiseau vers son Créateur et Maître : c’est le Mariage spirituel. Ainsi, de même qu’il existe une vie physique par laquelle le corps se développe, il existe une vie intérieure, spirituelle ou mystique par laquelle l’âme se développe et progresse. Dans la vie intérieure, celui qui n’avance pas recule ! De la même façon, de même qu’il existe des faiblesses et des maladies physiques qui concernent le corps, il existe également des faiblesses et des maladies spirituelles qui concernent l’âme. S’il est normal d’appliquer au corps les remèdes qui s’imposent, il faut prendre le même soin de notre âme. Dans cette Lettre, en me laissant guider par Saint Jean de la Croix et le Père Garrigou-Lagrange, deux grands maîtres de la vie spirituelle, je vais principalement traiter de quelques dangers et purifications qui attendent les débutants dans la vie spirituelle, débutants que nous sommes tous, la plupart d’entre nous étant hélas, abonnés depuis longtemps à la vie Purgative.

Trois défauts dans la vie spirituelle

Les commençants dans la vie spirituelle sont en général très généreux, mais fragiles, à cause de leur manque de persévérance qui entraîne un découragement rapide.

  • La gourmandise spirituelle : elle est caractérisée par un excès de sensualité dans la vie spirituelle, c’est à dire un désir immodéré de consolations sensibles et sentimentales dans la prière. Tant que ces consolations sensibles sont ressenties, on continue de prier, mais si elles disparaissent, la prière est abandonnée rapidement. Les dons de Science et de Piété vont aider cette âme à retrouver un équilibre dans sa vie spirituelle. Un bon directeur spirituel saura doser les choses pour que tout se passe sans trop de grincements. La foi n’a rien à voir avec les sentiments et les dépasse totalement. Certes nous avons un corps, mais la raison doit contrôler nos sentiments afin de ne pas en devenir l’esclave et éviter l’angélisme.
  • L’orgueil spirituel : il se caractérise par un mépris du prochain : on estime sa vie spirituelle bien plus forte que celle des autres. On a trop confiance en soi, ce qui ouvre la porte à l’activisme et au volontarisme. C’est le moment de se rappeler la phrase de Saint Augustin : « Tout ce qui est bon en vous vient de Dieu, tout ce qui est mauvais vient de vous-même. »
  • La paresse spirituelle : elle entraîne le découragement dans les désolations, et peut parfois mener à la jalousie spirituelle, à la colère et à l’indignation. Cette acédie conduit souvent au découragement, fréquent chez les commençants, qui va les pousser à abandonner la vie intérieure, ou à se lancer de façon déraisonnable dans l’action et l’étude, mais de manière naturelle, pour des raisons de curiosité ou de vaine gloire. Cette activité externe, trop naturelle, n’est pas vraiment chrétienne ni apostolique, et sera donc sans fruit.
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