Sébastien était un noble et courageux soldat. Chef de la première cohorte sous Dioclétien il eut maintes occasions d’être utile aux chrétiens, dont il partageait la foi.
Un jour, il apprend que deux frères Marc et Marcellin, soldats comme lui, et condamnés à mort, sont sur le point de céder aux larmes de leurs parents et de sacrifier aux faux dieux : il accourt, les presse de ses exhortations, ranime leur courage, et convertit leurs parents, leurs femmes, leurs enfants et leurs geôliers eux-mêmes.
Dioclétien apprit bientôt l’active propagande que faisait à Rome un de ses officiers en faveur d’une religion proscrite. Il le dégrada, le fit lier à un poteau, et commanda aux archers de sa garde de le cribler de flèches. On le laissa pour mort sur le lieu du supplice. La nuit d’après, une veuve chrétienne, venue pour l’ensevelir, s’aperçut qu’il respirait encore ; elle le fit porter dans sa maison, soigna ses blessures et parvint à le guérir.
Une fois rétabli, Sébastien, au lieu de se cacher comme on l’en conjurait, vint se mettre sur le passage de l’empereur, qui se rendait au temple. L’apparition d’un martyr exécuté terrifia Dioclétien. Revenu de sa frayeur, « N’es-tu pas Sébastien, » lui dit-il, « que j’ai commandé de mettre à mort ? Comment donc es-tu vivant ? » — « Je suis vivant, » répond le saint, « pour rendre témoignage de ma foi et de ta cruauté. Si tu veux vivre, cesse de persécuter des hommes innocents, justes et saints. » A ces paroles, le tyran passe de la stupéfaction à la fureur contre le jeune officier ; il le fait battre de verges à mort, puis jeter dans un cloaque. La pieuse Lucine l’en retira secrètement pour le transporter aux catacombes, et le pape Damase, au siècle suivant, érigea sur son tombeau la magnifique église de Saint-Sébastien.
Réflexion pratique
Saint Sébastien est invoqué avec grande dévotion contre les maladies contagieuses. Demandons-lui de nous guérir de la lèpre du respect humain.





