Georges, que les Grecs appellent le grand martyr, était d’une illustre et chrétienne famille de Cappadoce. Il se distingua par sa bravoure et sa sagesse dans l’armée de Dioclétien, qui fit de lui un commandant de sa garde.

Lorsque s’ouvrit la persécution contre les chrétiens, le jeune officier avait vingt ans. Il se regarda comme une victime destinée au sacrifice, et.pour s’y préparer, il vendit ses biens.en distribua le prix aux pauvres et affranchit ses esclaves. Dépouillé de tout, il n’attendait que l’occasion de montrer sa foi : elle se présenta bientôt.

L’empereur réunit un jour son conseil et lui communiqua son dessein d’exterminer le christianisme. Tous les courtisans applaudissaient, lorsque Georges, se levant d’un air grave et noble, prit la défense de la religion. Il démontra l’injustice et l’impiété d’une telle persécution ; il fit une éloquente apologie du christianisme, confondit les idolâtres, et finit par exhorter le prince à abolir un édit qui ne poursuivait que l’innocence. L’auditoire, stupéfait, demeurait suspendu ; Dioclétien ordonna au consul Magnence de répondre. Celui-ci, dans l’impossibilité de réfuter le jeune apologiste, lui reprocha d’insulter ainsi aux dieux de l’empire et d’être lui-même chrétien. « Mais oui, » s’écria le généreux athlète, « je suis chrétien, et ce nom seul fait toute ma gloire. » A l’instant Dioclétien le fit charger de chaînes et jeter dans un cachot.

Des supplices horribles l’attendaient. On le suspend à un poteau pour l’éventrer à coups de lance ; on l’attache à une roue armée de pointes d’acier qui, à chaque tour, lui labourent profondément les chairs. Cependant les bourreaux l’ont à peine délié qu’il se trouve miraculeusement guéri de toutes ses blessures ; et, à ce spectacle, beaucoup de païens embrassent la vraie foi. Il reste plonge pendant trois jours dans une fosse de chaux vive : on l’en retire sain et sauf. Nouvelles conversions à la vue de ce nouveau prodige. Dioclétien, outré de rage, fait chausser le martyr de brodequins de fer rougi au feu et l’oblige à courir dans cet état. Georges endure ce tourment sans paraître souffrir.

L’empereur, déconcerté, fit suspendre les supplices, et tenta de gagner l’héroïque soldat par de séduisantes promesses. « Menez-moi au temple, » lui répondit le jeune chrétien. Le prince tressaillit de joie, croyant l’avoir ébranlé. Arrivé au temple : « Êtes-vous des dieux ? » cria Georges en s’adressant aux idoles. A ces mots, accompagnés du signe de la croix, d’effroyables hurlements se firent entendre et les statues tombèrent à la renverse. La foule, d’abord paralysée de frayeur, retrouva bientôt ses sentiments de fanatisme et fit entendre le cri répété de « Mort au sacrilège ! » Dioclétien fit trancher la tête au martyr le 23 avril 303.

Saint Georges est particulièrement honoré en Russie, en Angleterre et à Gênes. Il est le patron des hommes de guerre et des armuriers.

Réflexion pratique

Dieu a ses élus dans tous les rangs ; les armées lui ont donné des légions de martyrs. La vie présente est une milice continuelle : soyons les soldats de Jésus-Christ.

Panier

Tous droits réservés Veni Creator © . Textes ou les photographies ne peuvent être reproduites, téléchargées, copiées, stockées, dérivées ou utilisées en partie ou en intégralité.

Retour en haut