23 Juin - Bienheureuse Marie d'Oignies, recluse (1213-1244)

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La bienheureuse Marie, dont Nivelles en Brabant fut le berceau, montra dès l'enfance une modestie remarquable, à tel point qu'elle refusait les petites robes coquettes dont sa mère voulait la vêtir.

À l'âge de quatorze ans, elle accepta, par pure soumission à la volonté de ses parents, la main d'un jeune seigneur qu'ils lui avaient choisi pour époux.


Le choix de la pauvreté évangélique et du mariage blanc

Son époux Jean, heureux de posséder le trésor qu'il avait envié, entra pleinement dans les vues de son angélique épouse : ils vécurent ensemble comme deux frères, pratiquant la continence, et convinrent de s'employer entièrement au service des pauvres et des lépreux.

Ce genre de vie les exposa inévitablement aux railleries de leur entourage, mais l'amour des humiliations leur fit mépriser les vains jugements du monde. Ils apprirent dans la méditation de la vie et des souffrances de Notre-Seigneur à mourir entièrement à eux-mêmes. Marie surtout trouvait dans la Passion du Sauveur un sujet d'intarissables larmes.


Une vie de pénitence, de prière et d'humilité

Jamais cette sainte âme n'eut le malheur de commettre un péché mortel. Lorsque, au tribunal de la pénitence, elle accusait les fautes légères dont personne ici-bas n'est absolument délivré, sa contrition et sa douleur lui arrachaient de profonds gémissements.

Elle ne mangeait qu'une fois le jour, et son repas consistait en un morceau de pain noir et dur, avec un peu d'eau et quelques légumes. La prière absorbait continuellement son âme. Lorsqu'elle travaillait, son livre d'heures, ouvert devant elle, ne lui permettait pas de perdre Dieu de vue un seul instant. Sa conversation était ravissante, et pour aimer la vertu, il suffisait de l'entendre. Elle dormait peu, gagnait du travail de ses mains de quoi vivre et faire l'aumône, et n'avait d'autre récréation que les œuvres de miséricorde.

Et cette femme, pauvre pour avoir tout donné, mais si riche des faveurs célestes et remplie de trésors spirituels, s'estimait une misérable pécheresse, une servante inutile, indigne d'occuper une place parmi les créatures :

« Pourquoi vous adresser à une pauvre ignorante ? » disait-elle humblement à ceux qui venaient la consulter sur leur conscience.


Le pèlerinage à Oignies et la sainte agonie

Marie avait coutume de visiter souvent l'église de Notre-Dame d'Oignies. Ce pèlerinage, qui demandait quatre heures de marche, elle le faisait pieds nus par dévotion, même dans les plus grandes rigueurs de l'hiver. Sur la fin de sa vie, elle alla se fixer définitivement près de ce sanctuaire, où elle savait, par révélation divine, qu'elle devait mourir et être inhumée.

L'année de son bienheureux trépas, elle baisait chaque jour son crucifix avec transport en s'écriant :

« Mon doux Sauveur, je ne veux plus demeurer ici-bas ; je veux aller à votre maison ! »

Pendant sa dernière maladie, le Roi et la Reine des anges vinrent plusieurs fois la visiter et la consoler. Pendant qu'on lui administrait les dernières onctions, elle vit autour de sa couche tous les apôtres, avec saint Pierre tenant à la main les clefs du royaume des cieux pour le lui ouvrir. Elle y entra le 23 juin 1213, à l'âge d'environ 36 ans.


Réflexion Pratique

Le monde, qui ne comprend rien à la folie de la croix, jugeait Marie insensée ; mais Dieu, content de ses travaux et de ses sacrifices, lui envoyait, le jour de sa mort, tout le sénat des apôtres pour la conduire au ciel. Méprisons le siècle, ses vanités et ses maximes, et cherchons à plaire à Dieu seul.

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