Le Mercredi des Cendres est un jour de jeûne et d’abstinence. C’est-à-dire que les fidèles sont tenus gravement en conscience de ne prendre qu’un repas complet (midi ou soir) et de ne pas consommer de viande durant toute la journée.
Le Carême est un temps de pénitence, entre le mercredi des Cendres et Pâques. Symbole de pénitence dans le rite de l’imposition des cendres. C’est une Fête catholique qui commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem. Centre de la foi et de l’espérance chrétienne.
La durée du Carême (quarante jours sans compter les dimanches) fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert (Matthieu 4.1) entre son baptême et le début de sa vie publique.
Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres en forme de croix sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu. Les cendres sont produites à partir des rameaux bénis l’année précédente, ce qui évoque symboliquement la mort qui nous attend tous :
« Souviens-toi, ô homme, que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ».
L’Évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu (chapitre 6, versets 16 à 21) qui incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :
« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ».
Le Carême doit être une grande montée vers la « nuit sainte », vers Pâques, la Fête des Fêtes ! Pour comprendre cette magnifique période, il ne faut pas oublier :
1° Que le Carême fut, durant des siècles, l’époque de préparation intensive des catéchumènes, pour qui, en qui, le mystère du Christ mort, enseveli, Ressuscité, allait se renouveler.
2° C’est aussi durant la sainte quarantaine que les pénitents publics se préparaient à la réconciliation du Jeudi Saint pour recevoir à Pâques l’Eucharistie, gage du pardon, de la réincorporation dans la communauté chrétienne.
3° Cette admirable liturgie s’est constituée à Rome ; chaque jour, une basilique, une église, tout humble peut-être, mais sanctifiée par la présence des saints, accueillait les catéchumènes, les pénitents, les chrétiens rassemblés. C’était la « Station ». Beaucoup de messes, comme déjà celle de la Sexagésime, ont été inspirées par la « Station ».
Mais le Saint Carême n’est pas le témoignage d’un passé, c’est une période essentiellement actuelle. Nous sommes invités à changer de vie, c’est cela qui caractérise la pénitence, au sens vrai, strict, du mot. Ce changement de vie suppose des efforts, des privations, le souci d’une libération de certaines habitudes, de certains esclavages, que la civilisation actuelle rend plus que jamais réels.
Le jeûne ainsi compris est infiniment plus vaste, plus exigeant aussi, que la privation de nourriture, il devient une forme d’hygiène de vie spirituelle qui rend capable de trouver le Christ, de le suivre, et d’atteindre ainsi, pour nous y replonger, le Mystère de la Résurrection.
Nous devons transporter dans l’attitude spirituelle les sentiments, les réflexes, de ceux qui abandonnent les vêtements de la vie quotidienne, les aises habituelles, pour partir, en cordée, vers un sommet !
Jeûnes, efforts, deviennent alors un témoignage rendu à la victoire du Christ, vers laquelle s’achemine le peuple à Dieu. Le fruit des privations permet de faire la Charité ; qu’il s’agisse d’une Charité matérielle, d’une Charité spirituelle, ou de la plus délicate des Charités : le pardon.
Il n’y a pas de jeûnes, de désir de libération, pour suivre le Christ, sans prières, sans culture spirituelle.
Rappel des règles de jeûne et d’abstinence en vigueur depuis Pie XII toujours en application.
Jeûne : un seul repas (jusqu’à satiété) par jour pour les fidèles âgés de 21 à 59 ans accomplis sauf pour les malades et les femmes enceintes, un frustulum (petite collation) étant toléré au matin ou au soir, suivant le moment où vous prenez votre seul repas principal : les jours de Carême, les jours des Quatre-Temps, la vigile de l’Immaculée Conception (7 décembre) et la vigile avancée de Noël (23 décembre).
Abstinence : ni viande ni jus ni graisse de viande pour les fidèles âgés de 7 ans et plus : les vendredis, le mercredi des Cendres, les jours des Quatre-Temps, la vigile de l’Immaculée Conception et la vigile avancée de Noël.
Ni jeûne ni abstinence : les dimanches et les fêtes d’obligation (en France : Noël, Ascension, Assomption et Toussaint).
Par ailleurs, chacun est libre, et cela est même très profitable, d’appliquer une ou plusieurs pénitences supplémentaires durant le Carême. Vous aimez beaucoup un aliment, une boisson, une activité et bien d’autres choses ? Vous pouvez vous en priver et offrir cette privation à Dieu en guise de pénitence. Bien évidemment, veillez à voir avec votre confesseur si cette pénitence n’est pas excessive et si cela ne nuit pas à votre devoir d’état.
Quelques jours avant le début du Carême, la Tradition propose aux fidèles d’ôter les rameaux bénits de leurs croix et de les déposer à leur paroisse. Ainsi, les rameaux seront brûlés pour confectionner les cendres du mercredi des Cendres (05 Mars 2025), qui seront imposées sur le front des fidèles après la sainte Messe, signe de début de Carême et de pénitence





