La Théologie mystique de Schram enseigne en termes positifs ce que les saintes Écritures nous ont appris déjà. Le démon, nous dit-elle, peut agir sur nos corps par possession, ou par obsession.

Les obsédés sont ceux en qui le démon ne réside point, mais qu’il assiège par le dehors. Les possédés sont ceux dans l’intérieur desquels il s’installe et chez lesquels il réside, exerçant en eux des opérations variées, les agitant, les tourmentant, les torturant avec la permission de Dieu. On les appelle démoniaques pour exprimer qu’ils vivent sous la puissance du démon. Ils sont des énergumènes si l’ange de ténèbres contracte l’habitude de les travailler ; arreplices, lorsqu’ils sont saisis par le mauvais Esprit, qui les contraint à des actes auxquels leur volonté résiste ; enfin, s’il arrive qu’on les désigne par le terme d’ensorcelés (maleficiati), on entend le démon exerce sur eux sa malice à la suite que de maléfices provenant de l’initiative humaine. ( Vol. I , p. 376, Maleficiati, Si ope maleficiorum .)

L’Esprit de ténèbres et de crimes affligea, tourmenta violemment le saint homme Job, mais sans le posséder. Le même Esprit s’empara du roi Saül et le posséda ; mais, souvent, le jeune David, en jouant de la harpe, rendait le monarque à lui-même et chassait le démon, forcé d’obéir à l’harmonie des sons comme à un signe de Dieu. ( Rois, l. I, ch . XVI, XVII .)

Ces infatigables agents du mal exercent sur le corps une action qui se trouve être, assez fréquemment, à la fois malfaisante et conservatrice, c’est-à-dire, en quelque sorte, opérant à la façon du feu de l’enfer ; car elle afflige et torture les organes sans les détruire. Telle était, sous quelques rapports, l’action qu’ils exerçaient sur une femme dont ils avaient voûté le corps, et que, depuis dix-huit ans, ils faisaient vivre de souffrances, lorsque Jésus-Christ, dont le passage était marqué par des bienfaits, la délivra. (Saint Luc, ch. XIII, v . 11. )

Le même phénomène parut se reproduire un jour que le Sauveur fit la rencontre d’un homme qui l’approcha, lui disant : « Mon fils est possédé d’un esprit muet ; partout où cet esprit le saisit, il l’agite par des convulsions. Alors, l’enfant grince des dents, écume, se roule à terre, et devient tout sec. Vos disciples n’ont pu le chasser ! Cependant il a souvent jeté mon fils dans l’eau et dans le feu, pour le faire périr. Or, le démon s’était emparé de cet enfant dès le plus bas âge (Les incrédules de la nouvelle école disent que l’od, ou leur fluide, agit quelquefois dès la tendre enfance, en certains individus.), ce n’était donc point pour qu’il fût puni de ses péchés ! Et son innocence ne l’avait point préservé de cette longue et cruelle épreuve, par où devait éclater la puissance de Dieu, en donnant une grande leçon à notre foi. Car, Notre Seigneur se tournant vers ses disciples, étonnés de leur impuissance, s’écria : Race incrédule, ce n’est que par la prière et le jeûne que les démons de cette espèce peuvent être chassés. Après quoi, s’adressant à l’être immonde , il lui dit : Esprit muet et sourd, sors de cet enfant. Alors, l’Esprit sortit, jetant un cri perçant et l’agitant avec violence. » (Saint Marc, ch. IX ; saint Luc, ch. XI.)

Quelquefois le démon se sert des facultés et des organes des possédés. Nous l’entendons prophétiser par la bouche de Saül (Rois, l. I , ch. XVIII) ; nous le voyons répandre la terreur par la crainte qu’il inspire, en se faisant un instrument du corps des misérables qu’il a conduits dans les sépulcres des Gergéséniens. Il parle au Christ lui-même par leur bouche ; et en sa présence il se sert des membres des animaux immondes, où il lui est permis de se réfugier, pour précipiter dans les eaux où il les noie, ces brutes devenues ivres de sa fureur. (Saint Matthieu , ch. VIII) Enfin, il semble quelquefois s’emparer de la personne entière de l’homme, et ce fut là le cas de Judas, de qui Notre Seigneur dit : L’un de vous est un démon. (Saint Jean , ch . VI, v. 71.)

Cependant la voie du repentir étant toujours ouverte à l’homme vivant, le démon, rigoureusement parlant, « ne possède point l’âme. » (Théol. myst., p. 377.) Et ce qui doit rassurer contre sa puissance les hommes de bonne volonté, c’est que si, par une exception fort rare, il possède des innocents ou des saints, généralement il ne possède que des pécheurs. (Id ., p. 377 , 378.)

Parmi les différents genres de possessions, quelques-unes doivent être envisagées comme provenant du fait exprès de la volonté de l’homme, ou comme le résultat de l’abandon qu’il fait de sa personne à la fougue de ses passions. C’est ainsi, me fut-il affirmé, que dans un groupe de villages assez rapprochés de Paris, il se trouva qu’un nombre considérable de campagnards, étant venus prendre part aux horreurs de la révolution de 1793, ces braves gens s’en étaient retournés dans leurs foyers les mains rougies de crimes. Ils espéraient y savourer en paix le fruit du sang versé, la récompense de leur patriotique travail. Mais, vaine espérance ! L’un après l’autre et à longs intervalles, ces misérables se sentaient pris d’étranges coliques, et le mal qui leur déchirait les entrailles bravait les plus infaillibles moyens de la médecine. Plusieurs médecins, vaincus par la singulière opiniâtreté de la résistance, prirent enfin le parti de discontinuer leurs visites aussitôt après avoir reconnu la nature de l’étrange maladie. Elle avait reçu, de la bouche des villageois eux-mêmes, le nom véritablement pittoresque de coliques révolutionnaires.

Un jour cependant, en désespoir de cause, je ne sais quel excentrique individu conçut l’idée de demander des exorcismes en faveur de l’un de ces bourreaux devenus victimes ; et dès lors un précieux remède fut mis à la portée de tous les souffrants. Car les tortures se calmaient ou s’évanouissaient devant les prières et les cérémonies de l’Eglise appliquées au mal qui déroutait la science.

Qu’y aurait -il de si fort étonnant dans ce phénomène, et nous devient-il si difficile d’y croire dès que nous ne pouvons repousser le témoignage que livrent à la publicité des médecins d’un mérite reconnu. Ce témoignage, c’est que des folies furieuses qui se jouent des ressources de l’art médical cèdent et rendent à laraison de l’homme son calme et son activité, sous l’empire exclusif des exorcismes de l’Église. (Docteur Moreau, dans le Dictionnaire infernal de Colin de Plancy. – Id . M. de Mirville.)

Les vices et les crimes de l’homme paraissant être, dans beaucoup de circonstances, la cause de possessions diaboliques, nous croyons opportun de mentionner dans nos pages celles que produisirent je ne sais quelles inconcevables liaisons contractées entre l’espèce humaine et certains démons qui semblent ne s’être manifestés que sous les traits de l’homme ou de la femme.

Ce n’est point que nous ignorions que certaines concessions faites à l’esprit du siècle dernier aient entraîné quelques écrivains, dont les intentions étaient irréprochables, à ne considérer cette sorte de démons que comme un jeu de l’imagination en délire. Mais il ne peut y avoir pour nous ni jeu d’imagination, ni délire lors que l’Église croit et prononce. Or, dans ce guide précieux des confesseurs qui porte pour titre : la Théologie morale de saint Liguori, rien n’est plus positivement établi que la réalité des illusions créées par ces mauvais Esprits qui feignent d’aimer et de rechercher nos semblables. (Vol. II , p. 233 , 234, n ° 475.)

Saint Augustin se servant du nom de quelques-uns des dieux folâtres du paganisme, afin de se mettre le mieux possible à la portée de ses lecteurs, répandait sur ce sujet des lumières très suffisantes pour les fidèles auxquels sa charité tout épiscopale ne craignait point d’adresser ses pages ; il s’exprimait à peu près en ces temes : « Comme une constante tradition que plusieurs personnes confirment de leur propre expérience, ou par les récits de témoins dont la sincérité ne peut être suspecte, publie que les Silvains et les Faunes, généralement appelés d’un nom moins poétique, ont recherché nos semblables pour les tromper sur leur propre nature et s’unir à eux des liens les plus intimes, et que certains démons, appelés Dusiens dans les Gaules, s’étudient à susciter les mêmes illusions, le nombre et la gravité des témoignages rendraient la négation presque impudente (Apparuisse tamen hominibus angelos in talibus corporibus , ut non solum videri , verum etiam tangi possent, eadem verissima scriptura testatur. Et quoniam creberrima fama est, multique se expertos , vel ab eis qui experti essent, de quorum fide dubitandum non est, audisse confirmant, Silvanos et Faunos , quos vulgo incubos vocant, improbos sæpe extitisse mulieribus, et earum appetisse ac peregisse concubitum , et quosdam dæmones, quos Dusios Galli nuncupant , hanc assidue immunditiam et tentare et efficere plures talesque asseverant, ut hoc negare impudentiæ videatur ..… (Saint Augustin , Cité de Dieu , liv. XV , ch . XXIII.) ) . »

Le théologien Thyrée reconnaît le fait de ces ruses où le démon agit avec une habileté trop consommée pour se mettre inutilement à découvert dès le principe ; il aime, dans ces sortes de cas, à tromper notre faiblesse et notre curiosité, en se présentant à nous sous les traits des personnes contre lesquelles la prudence de nos yeux ou de nos oreilles n’a point suffisamment prémuni nos cœurs.

Mais l’un des exemples les plus frappants de cette illusion diabolique est tirée de la vie de saint Bernard.

Un jeune guerrier, d’une beauté tout angélique, surprit le cour d’une malheureuse femme par les insinuantes caresses de sa parole. Elle conçut pour cet étranger une affection d’autant plus imprudente , qu’elle se trouvait engagée dans les liens du mariage . Un jour , son jeune ami lui mit brusquement une main sous les pieds et l’autre sur la tête ; elle comprit que c’était là comme le signe d’une alliance qu’elle ne pourrait plus rompre, et bientôt il lui resta de montré que le jeune guerrier n’était qu’un démon. Comment en douter, lorsqu’elle le voyait entrer, portes closes, et converser avec elle en présence de son mari, sans que jamais les yeux ou les oreilles de cet homme pussent voir ou entendre le singulier personnage. Les magnétiseurs de nos jours ne s’étonneront point de ce fait qu’ils savent être un phénomène d’une réalisation presque vulgaire (se rendre invisible à telle ou à telle personne).

Cette diabolique liaison conserva cependant de la douceur pendant quelques années. Que ne peut la force de l’habitude ! Mais aussi le temps est bien rapide, et l’éternité bien longue ! Accablée bientôt par le poids de cette incomparable pensée, effrayée par l’évidence trop tardivement acquise de sa faute, et redoutant à chaque instant de tomber aux mains de Dieu, cette femme ne parvint à soulager son âme qu’en déposant son terrible secret dans le sein d’un confesseur.

Ce chef-d’ouvre de bon sens fut son salut ; mais on ne se dégage point avec le démon aussi facilement que l’on s’engage. Elle se mit en devoir de visiter les sanctuaires, elle implora les saints ; prières, aumônes, œuvres pieuses, elle usa de mille moyens d’une efficacité générale, et ce fut excellent sans doute ; mais du composé de ses pénitences et de ses supplications rien ne sortit. Loin de là ; chaque jour les fatigantes importunités de ce démon redoublaient et la mettaient hors d’elle.

Tout procède et va de telle sorte que les agitations de cette femme livrent enfin le secret de son énorme imprudence. Le mari l’apprend et la maudit . Que faire ? Qu’imaginer ?…

Précédé de la toute-puissance de son renom, saint Bernard venait d’arriver en ce lieu . C’est un trait de lumière pour la malheureuse femme. Elle s’empresse, elle accourt et se jette, tremblante, aux pieds de l’homme de Dieu. « J’ai suivi les conseils de mon directeur, lui dit-elle versant toutes les larmes de ses yeux ; mais je l’ai fait inutilement encore. Mon jaloux oppresseur m’a prédit votre arrivée et n’a pas craint de me dire : Si tu vas vers Bernard, prends-y garde ; car au lieu de celui qui goûte du charme en ta compagnie, tu ne verras plus en moi qu’un implacable vengeur. »

L’esprit de Dieu, qui marchait avec Bernard, est plein de consolation. Revenez demain, lui dit le saint. Elle obéit et lui fit le récit des menaces et des blasphèmes que, presque aussitôt son retour, avait vomis la bouche angélique du jeune guerrier.

Bon ! méprisez ces menaces, et prenez ce bâton ; c’est le mien. Vous le poserez sur un meuble de votre appartement, sur votre lit, par exemple. Si le démon peut quelque chose désormais, qu’il le fasse.

La femme retourna chez elle, et le démon militaire y revint. Il voulut et n’osa s’approcher du lit sur lequel reposait le bâton du saint. Mais il dit à sa victime : « Aussitôt le départ de l’homme Dieu , tu me reverras pour te torturer . Attends ! »

Hélas ! peut-on se reprendre aussi facilement qu’on se donne ?

Comme le dimanche approchait, l’homme de Dieu pria l’évêque de convoquer le peuple dans l’église, où il se fit un concours immense. Pour que cette femme osât braver tout l’apparat de ce spectacle, que ne devait-elle pas souffrir ? Et, cependant, du démon, elle n’éprouvait encore que la tendresse … Après la célébration de la messe, le saint, accompagné de Gaufred, évêque de Chartres, et de Briclius, évêque de Nantes, prit place en chaire et donna l’ordre à tous ceux qui assistaient à la cérémonie d’allumer un cierge, qu’ils portaient en main, et d’écouter sa parole. Alors il révéla les ruses du démon ; puis, s’unissant d’esprit avec tous les fidèles présents, il lança ses anathèmes contre l’Esprit qui avait paru s’embraser d’affections si contraires à sa nature haineuse, et lui interdit l’accès auprès de toute autre créature humaine. Les lumières sacrées furent éteintes, et avec elles s’éteignit toute la puissance du démon. La femme possédée naguère, ayant saintement reçu les sacrements de pénitence et d’eucharistie, l’ennemi cessa de paraître devant elle, et il fut à jamais mis en fuite.

Ces simulacres d’affection sont dans le goût des démons, dit Thyrée ; non point que ces Esprits y éprouvent le moindre sentiment de bonheur, mais parce qu’ils s’en font une arme puissante pour accomplir la ruine des hommes, qui est l’objet de leurs plus forcenés désirs. Ils savent que la nature humaine a sa pente du côté des affections imprudentes, illicites, et que, par cet appât, nous nous trouvons entraînés vers des vices dont nous ne soupçonnons que rarement la gravité. L’expérience leur a mille fois appris que les hommes même qui avaient blanchi dans les exercices de la vie probe et sérieuse, une fois séduits par de vains sentiments, étaient devenus la proie de la corruption et s’étaient portés à d’inexplicables excès. Ils n’ignorent point que cette sorte d’égarement l’emporte sur les autres vices en quatre points principaux : la grandeur, la durée, les conséquences et la difficulté de la guérison. Aussi ce redoutable fléau, qui naît des corruptions de notre nature, tient-il ses coups suspendus sur la presque universalité des hommes ; et la ténacité du mal qu’il engendre est elle si forte que, l’extirper chez ceux que la contagion a gagnés, c’est à peu près l’impossible.(Thyrée, p. 201)

Mais pour en revenir aux faits de possession vulgaire, les païens nous en ont prodigué les exemples, et les théologiens de l’Égypte idolâtre, commentés par Porphyre, les reconnaissent en termes formels.

De temps en temps, écrivait Porphyre (des Sacrifices), les théologiens permettent d’immoler aux mauvais démons, afin d’éviter les maux qu’ils savent enfanter et répandre. Mais ils défendent de goûter aux victimes, et ils ordonnent, avant le sacrifice, de purifier son âme par le jeûne et l’abstinence de la chair, parce qu’elle introduit en nous les mauvais Esprits… La chair et le sang n’attirent que les mauvais démons, les démons de la matière. Ces sacrifices ne peuvent donc généralement convenir à l’homme pur. Mais, ajoute le païen, on ne doit point les interdire aux États, s’ils ont intérêt à se concilier les mauvais démons.

Au moyen âge , dans le cours du onzième siècle, le savant Psellus, professeur de l’empereur Byzantin Michel Parapinace, écrivait sous la dictée de l’illustre magicien Marcus, récemment entré dans le giron de l’Église catholique, et donnait à la réalité des faits de possession tout le poids de sa science et de son témoignage. (De Dæmonibus)

De nos jours, enfin , l’accord continue à subsister sur ce thème important entre les catholiques qui se sont donné la peine d’étudier leur religion sainte, et les Esprits téméraires qui s’adonnent aux sciences occultes et aux pratiques de la magie. L’un des hommes vivants les plus consommés dans cet art, écrit dans le plus mystérieux de ses livres :

« Les plus grands hommes de l’antiquité, non seulement admettaient ces choses comme possibles, mais ils regardaient comme des êtres inférieurs ceux qui les mettaient en doute. Si j’entrais dans de plus grands détails, on comprendrait qu’il pourrait bien exister autour de nous, comme en nous-mêmes, un être mystérieux, ayant puissance et forme, entrant et sortant à volonté, malgré les portes bien fermées (Magie dévoilée, p. 200, 201.- Cet être intelligent, et étranger à notre personne, diffère, je le pense, par un caractère assez saillant de cette mundane force qui sert de réponse universelle à nos incrédules de nouvelle école ! ) .»

C’est cet être, ou cet élément, qui secoue l’homme et le tord, comme l’ouragan le plus terrible fait du roseau ; qui le lance au loin, le frappe en mille endroits à la fois, sans qu’il lui soit permis d’apercevoir son nouvel ennemi et de parer ses coups, sans qu’aucun abri puisse le garantir de cette atteinte à ses droits !

D’après la Théologie mystique de Schram, les signes les plus évidents de la possession démoniaque existent lorsqu’une personne ignorante, et sans éducation, s’entretient avec distinction sur un sujet scientifique ; lorsqu’elle s’exprime couramment dans une langue étrangère sans l’avoir apprise ; lorsque, sans qu’on puisse attribuer ce prodige à sa sainteté, elle dévoile des choses cachées et que naturellement elle pourrait savoir, pourvu que cette révélation ne surpasse point la puissance du démon ; lorsque, sur le commandement de l’exorciste, et la personne suspecte étant adjurée au nom de Jésus, il y a obéissance avec ou sans tourment, avec ou sans liberté de tel ou tel de ses membres.

Extrait de l’ouvrage : Mœurs et pratiques des démons ou des esprits visiteurs, par Le Chevalier Gougenot des Mousseaux, 1854)

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