« Demandons à Saint Wilfrid, qui a tant travaillé à la réforme de son évêché, de nous prêter son appui pour notre propre réformation. »
La vie de saint Wilfrid nous rappelle le zèle pour la foi, l'attachement à l'unité de l'Église, le courage dans les épreuves et la nécessité de travailler d'abord à la réforme de notre propre âme.
Un fait extraordinaire signale la naissance de saint Wilfrid ; la maison de ses parents semble enveloppée dans un incendie ; les voisins, effrayés, accourent pour éteindre le feu, mais ils s'aperçoivent avec admiration que le feu s'élance vers le ciel sans rien consumer.
C'est ainsi que brûlera le flambeau du zèle de Wilfrid dans la sainte Église de Dieu.
Tout jeune encore, il résolut de se donner au Seigneur.
Après un court séjour dans un couvent, s'apercevant que certains usages, contraires à ceux de Rome, s'étaient glissés dans les cérémonies, il se décida à visiter le tombeau des saints Apôtres, afin de bien discerner la vérité au centre même de la lumière.
Wilfrid fut un des premiers Anglo-Saxons qui eurent le bonheur de faire le voyage de Rome, alors si long et si pénible.
Bientôt le pieux pèlerin aura beaucoup d'imitateurs, et ce pèlerinage sera en grand honneur en Angleterre, grâce à son exemple.
À Rome, son premier soin est de visiter les tombeaux vénérés et de prier, dans les sanctuaires les plus sacrés, pour la conversion entière de sa patrie.
Sa prière est exaucée, car il remplacera lui-même dignement le grand moine et pontife, nommé, qui, à la voix de saint Grégoire le Grand, avait porté aux Anglo-Saxons les prémices de la foi.
Après un séjour de quelques années dans les Gaules, Wilfrid rentre enfin dans sa patrie, où son dévouement aux usages de Rome lui attire des ennemis et des admirateurs.
Il n'a que trente ans, quand le pieux roi Alfred lui fait accepter l'évêché d'York.
Sous sa houlette, l'Évangile prend, dans ce pays, un développement merveilleux : les monastères se multiplient, de magnifiques cathédrales s'élèvent sur le sol anglo-saxon ; le saint évêque préside lui-même à la construction de ces édifices grandioses qui ravissent d'admiration des populations à demi barbares, chez lesquelles l'on ne connaissait encore que les édifices de bois.
L'évêque civilisateur ne se bornait pas à l'organisation matérielle : il réformait les mœurs de son troupeau et faisait régner, avec Jésus-Christ, la paix, la justice et la charité.
Un jour qu'il donnait la confirmation, une pauvre femme le supplia de ressusciter son enfant mort ; Wilfrid, ému de ses larmes, bénit l'enfant et lui rendit la vie.
Incapable de céder à la peur et de manquer à sa conscience, le vaillant pontife est déposé et exilé plusieurs fois ; on lui rend enfin justice, et il achève sa carrière en paix.
Son parcours témoigne de la persévérance d'un pasteur qui, malgré les difficultés et les oppositions, demeure attaché à ce qu'il croit être son devoir devant Dieu.
« Demandons à Saint Wilfrid, qui a tant travaillé à la réforme de son évêché, de nous prêter son appui pour notre propre réformation. »
L'exemple de saint Wilfrid nous invite à ne pas nous limiter à remarquer les défauts du monde qui nous entoure.
La réforme chrétienne commence par notre propre âme : par la prière, l'examen de conscience, le repentir et la résolution ferme de corriger ce qui nous éloigne de Dieu.
Avant de vouloir changer les autres, demandons au Seigneur de purifier nos intentions, nos paroles et nos actes.
Nous pouvons désirer que l'Église, les familles et la société vivent davantage selon l'Évangile. Mais cette aspiration doit commencer par une question personnelle :
Suis-je moi-même fidèle aux devoirs que Dieu m'a confiés ?
Est-ce que je veille sur mes paroles ? Est-ce que je pratique la charité ? Est-ce que je prie avec constance ? Est-ce que je reconnais mes fautes et cherche sincèrement à m'en corriger ?
La conversion chrétienne n'est pas un acte isolé : elle demande une fidélité quotidienne et un retour continuel vers Dieu.
Saint Wilfrid se montra attaché aux usages de Rome et à l'unité de l'Église.
Son exemple invite à aimer la vérité et à défendre la foi avec courage. Ce zèle doit toutefois être accompagné de prudence, d'humilité et de charité.
La fidélité chrétienne n'est pas une occasion de nourrir l'orgueil ou le mépris du prochain ; elle doit nous rendre plus dociles à la volonté de Dieu et plus attentifs au salut des âmes.
Le texte rappelle que saint Wilfrid ne travaillait pas seulement à construire des églises et des monastères : il s'efforçait aussi de faire régner la paix, la justice et la charité.
Les œuvres extérieures de la religion portent du fruit lorsqu'elles sont accompagnées d'une véritable conversion du cœur.
Dans nos familles et nos communautés, nous pouvons prolonger cet exemple en recherchant la paix, en agissant avec justice, en secourant les personnes dans le besoin et en pardonnant lorsque cela est nécessaire.
Prenons quelques instants pour nous examiner devant Dieu :
Quelle réforme dois-je entreprendre dans ma vie ?
Y a-t-il une habitude à corriger, un devoir négligé, une prière abandonnée ou une personne envers laquelle je manque de charité ?
Ne nous laissons pas décourager par l'ampleur du travail intérieur. Demandons la grâce d'accomplir aujourd'hui un premier pas concret, avec confiance dans l'aide de Dieu.
Choisissons aujourd'hui un point précis de notre vie chrétienne à améliorer : davantage de régularité dans la prière, une parole plus charitable, un effort contre une mauvaise habitude ou l'accomplissement d'un devoir trop souvent remis à plus tard.
Offrons cette résolution au Seigneur par l'intercession de saint Wilfrid et efforçons-nous de la tenir avec persévérance.
« Seigneur, commencez par réformer mon cœur, afin que ma vie témoigne fidèlement de Votre Évangile. »
Saint Wilfrid, évêque d'York et fidèle serviteur de l'Église,
vous qui avez consacré votre vie à l'annonce de l'Évangile et à l'affermissement de la foi en votre patrie,
obtenez-nous un zèle sincère pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.
Vous qui avez entrepris le pèlerinage de Rome pour mieux connaître la tradition de l'Église, apprenez-nous à rechercher la vérité avec humilité et à rester fidèles à la foi catholique.
Vous qui avez affronté l'exil et les oppositions sans abandonner votre conscience, obtenez-nous le courage dans les épreuves et la persévérance dans le bien.
Vous qui avez travaillé à la fondation de monastères et à l'édification des églises, faites grandir en nous l'amour de la prière et du culte divin.
Vous qui avez œuvré à la paix, à la justice et à la charité, apprenez-nous à servir notre prochain avec un cœur droit.
Surtout, obtenez-nous la grâce de commencer par notre propre conversion, de reconnaître nos fautes et de les corriger avec l'aide de Dieu.
Priez pour les évêques, les prêtres, les religieux et tous ceux qui travaillent à l'évangélisation.
Saint Wilfrid, évêque et confesseur, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Saint Wilfrid nous enseigne que le zèle pour l'Église doit s'accompagner d'un travail intérieur continu.
Bâtir, organiser, transmettre et enseigner sont des œuvres importantes ; mais elles doivent être soutenues par la prière, la fidélité et la charité.
Demandons au Seigneur, par l'intercession de saint Wilfrid, de nous accorder la grâce de réformer notre vie, afin que nous puissions servir l'Église et notre prochain avec un cœur purifié.
✠ Saint Wilfrid, évêque d'York, priez pour nous.
✠ Seigneur, accordez-nous la grâce de notre propre réforme et de la persévérance dans le bien.
Veni Creator — Pour la défense de la Foi catholique, la prière et la sanctification des âmes.