« Le nom de Marie, qui signifie étoile de la mer, convient parfaitement à la très sainte Vierge Marie qui est l'astre glorieux dont la lumière remplit le monde. »
Bréviaire romain.
L'Église nous invite aujourd'hui à contempler avec amour le Très Saint Nom de Marie.
Après avoir célébré la Nativité de la Sainte Vierge le 8 septembre, la liturgie nous fait porter notre regard sur ce nom béni qui fut placé sur celle que Dieu avait choisie pour devenir la Mère du Verbe incarné.
Le nom de Marie est, dans la tradition catholique, un nom de douceur, de gloire, de protection et de salut.
La fête du Saint Nom de Marie fut établie par le Pape Innocent XI en 1683, en souvenir d'une mémorable victoire remportée par les chrétiens sur les Turcs, avec la protection visible de la Reine du Ciel.
Cent cinquante mille Turcs s'étaient avancés jusque sous les murs de Vienne et menaçaient l'Europe entière.
Sobieski, roi de Pologne, vint au secours de la ville assiégée dans le temps de l'octave de la Nativité de la Sainte Vierge et se disposa à livrer une bataille générale.
Ce religieux prince commença par faire célébrer la Messe, qu'il voulut servir lui-même, ayant les bras en croix.
Après y avoir communié avec ferveur, il se leva à la fin du Sacrifice et s'écria :
« Marchons avec confiance sous la protection du Ciel et avec l'assistance de la Très Sainte Vierge. »
Selon le récit traditionnel transmis dans ce texte, son espoir ne fut pas trompé : les Turcs, frappés d'une terreur panique, prirent la fuite en désordre.
C'est depuis cette époque mémorable que la fête du Saint Nom de Marie fut célébrée dans l'octave de sa Nativité.
On célébrait déjà en plusieurs lieux la fête du Saint Nom de la Très Sainte Vierge Marie lorsque le bienheureux Pape Innocent XI ordonna, par un décret du 20 novembre 1683, que cette même fête fût universellement reçue dans toute l'Église, en mémoire de l'insigne victoire obtenue à Vienne.
La ville de Vienne fut assiégée en 1683 par les Turcs et les Tartares avec une armée considérable.
Les assaillants espéraient se rendre maîtres de la ville, qu'ils considéraient comme la clef de l'Allemagne, afin de pénétrer ensuite au cœur de la Chrétienté.
L'Empire ottoman avait déjà étendu son pouvoir dans les Balkans et dans la plaine hongroise. Son expansion avait toutefois été contenue lors de la bataille de Saint-Gotthard, le 1er août 1664, par les armées impériales commandées par Raimundo Montecuccoli.
Le grand vizir Kara Moustapha reprit cependant l'offensive.
L'empereur s'enfuit avec son épouse et les Turcs ouvrirent la tranchée le 14 juillet. Après deux mois de siège, la ville était dans une situation extrêmement périlleuse : il ne semblait rester que quelques jours avant sa chute.
Pendant ce temps, dans toute la Chrétienté, on faisait monter vers le Ciel des prières publiques, et particulièrement des prières adressées à la Sainte Vierge Marie, afin que le Ciel procure un secours particulier et préserve l'Église et les peuples d'une catastrophe.
Les prières des fidèles se joignaient ainsi aux efforts militaires des défenseurs de la ville.
Le récit traditionnel souligne particulièrement la place de la Sainte Vierge dans cette supplication de la Chrétienté.
Le vénérable Marco d'Aviano, capucin et prédicateur infatigable, fut envoyé auprès de l'empereur par le Saint-Père.
Il conseilla notamment aux militaires impériaux de placer l'image de la Mère de Dieu sur les insignes des armées du Saint Empire.
Cette présence de Marie au cœur du récit de 1683 rappelle une vérité fondamentale de la spiritualité catholique :
Dans l'épreuve, le chrétien ne désespère pas ; il se tourne vers Dieu et implore avec confiance l'intercession de la Très Sainte Vierge.
Les prières ne furent pas vaines.
Le roi de Pologne Jean Sobieski, répondant aux demandes du pape mais également mû par son propre zèle, arriva aux environs de Vienne avec une armée profondément engagée.
Le matin du 12 septembre 1683, le vénérable Marco d'Aviano célébra la Messe et le roi de Pologne y fit fonction d'acolyte.
Les bras étendus, Jean Sobieski communia très pieusement, puis fit bénir l'armée et s'écria :
« Marchons à l'ennemi avec une entière confiance sous la protection du ciel et avec l'assistance de la sainte Vierge Marie ! »
Les forces chrétiennes se préparèrent à affronter une armée ottomane largement supérieure en nombre.
La bataille dura toute la journée.
Elle se termina par une charge décisive conduite personnellement par Jean Sobieski, qui mit les Ottomans en fuite.
Le roi de Pologne envoya ensuite au Pape les bannières capturées avec ces paroles :
« Veni, vidi : Deus vincit ! »
« Je suis venu, j'ai vu : Dieu a vaincu ! »
Entrant dans Vienne libérée, le roi de Pologne alla remercier le Dieu des armées et chanta le Te Deum.
Aux applaudissements de la ville entière, il répondait que la victoire était due à la protection particulière de la Très Sainte Vierge Marie.
Le bienheureux pape Innocent XI, apprenant la nouvelle, fit rendre de solennelles actions de grâce à Dieu dans toute la Chrétienté.
Pour perpétuer le souvenir d'un si grand bienfait attribué dans la piété du temps à l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, il institua une fête en l'honneur du Saint Nom de Notre-Dame.
Le décret fut daté du 20 novembre 1683, auquel s'ajouta un autre décret du 5 février 1684 ordonnant de réciter un office propre composé à cet effet. La fête fut placée le dimanche de l'octave suivant la Nativité de la Sainte Vierge.
Il était bien juste que le nom de Marie trouvât sa place dans nos fêtes catholiques, à côté du nom de Jésus.
Le nom de Marie est :
un nom glorieux,
un nom tout aimable,
un nom salutaire.
Les saints se sont essayés à l'envi à retracer les merveilles de ce nom béni.
La première gloire de ce nom béni, c'est qu'il fut inspiré par Dieu aux parents de la Vierge naissante et que l'archange Gabriel le prononça d'une voix pleine de respect.
Depuis, toutes les générations chrétiennes le redisent à chaque instant du jour.
Le Ciel prononce à la terre ce nom si beau, et la terre en renvoie au Ciel l'écho mélodieux :
« Au nom de Marie, l'Église fléchit le genou, les vœux et les prières des peuples retentissent de toutes parts. »
— Pierre de Blois
Les saints ont chanté avec amour les grandeurs du nom de Marie.
« Que Votre nom est glorieux, ô sainte Mère de Dieu ! qu'il est glorieux, ce nom qui a été la source de tant de merveilles ! »
« Ô nom plein de suavité ! Ô Marie ! Qui êtes-Vous donc Vous-même, si Votre nom seul est déjà si aimable et si rempli de charmes ? »
« Votre nom, ô Marie, est un baume délicieux qui répand l'odeur de la grâce ! »
Ces expressions de la tradition chrétienne témoignent de la place exceptionnelle du nom de Marie dans la piété catholique.
Mais surtout, le nom de Marie est un nom de salut.
Saint Éphrem l'appelle :
« La Clef du Ciel. »
Et saint Bernard proclame :
« Le nom seul de Marie met en fuite tous les démons... »
Il ne s'agit pas de considérer le nom de Marie comme une formule magique.
La dévotion catholique au Très Saint Nom de Marie est un acte d'amour envers la Mère de Dieu et une confiance filiale dans son intercession.
Nous invoquons Marie parce que Dieu l'a élevée à une dignité incomparable et qu'elle conduit toujours les âmes vers son divin Fils.
« Faites tout ce qu'Il vous dira. »
Le véritable amour de Marie conduit toujours à Jésus-Christ.
Combien de fois pouvons-nous, au cours d'une journée, prononcer simplement :
« Marie ! »
Dans une tentation.
Dans une inquiétude.
Dans une difficulté.
Au moment de la fatigue.
Avant une décision importante.
Dans la joie.
Dans la souffrance.
Le Saint Nom de Marie peut devenir pour nous une courte invocation qui élève l'âme vers Dieu.
💙 « Marie, ma Mère, conduisez-moi à Jésus. »
Cette simple prière peut devenir une habitude précieuse de la vie spirituelle.
Le Bréviaire romain présente Marie comme l'Étoile de la mer.
Cette image est particulièrement belle.
Le marin perdu regarde l'étoile pour retrouver sa route.
De même, le chrétien qui traverse les difficultés de la vie peut lever les yeux vers Marie et lui demander de le conduire vers son Fils.
Marie ne remplace jamais Jésus.
Elle ne détourne jamais les âmes de Lui.
Elle est au contraire celle qui nous montre le chemin vers Notre-Seigneur Jésus-Christ.
⭐ Marie est l'Étoile ; Jésus est le Soleil vers lequel elle nous conduit.
Pour honorer le Saint Nom de Marie aujourd'hui, nous pouvons :
La dévotion mariale authentiquement catholique ne se limite pas à une émotion.
Elle conduit à la conversion, à la prière, aux sacrements et à une vie plus fidèle à Jésus-Christ.
Ô Très Sainte Vierge Marie,
votre nom est pour nous un nom de douceur, d'espérance et de consolation.
Obtenez-nous la grâce de le prononcer avec foi, avec amour et avec confiance.
Lorsque nous sommes tentés, soyez notre refuge.
Lorsque nous sommes dans l'épreuve, soyez notre consolation.
Lorsque nous sommes faibles, obtenez-nous la force de persévérer.
Lorsque nous tombons, conduisez-nous vers votre divin Fils dans la repentance et l'humilité.
Ô Marie, Étoile de la mer, guidez-nous au milieu des périls de cette vie.
Gardez-nous fidèles à la Sainte Église, à la foi reçue des Apôtres et aux commandements de Dieu.
Obtenez-nous surtout la grâce d'aimer toujours davantage Jésus-Christ, de vivre en sa grâce et de parvenir un jour avec vous à la joie éternelle du Ciel.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous.
Notre-Dame, Reine du Ciel, priez pour nous.
Très Saint Nom de Marie, soyez notre refuge.
Ainsi soit-il.
Aujourd'hui, chaque fois qu'une inquiétude ou une tentation se présentera, prononçons intérieurement :
« Jésus, Marie, je Vous donne mon cœur et mon âme. »
Puis remettons-nous avec confiance entre les mains de Dieu.
Que le Très Saint Nom de Marie devienne pour nous non une simple formule, mais une véritable invocation de foi, d'espérance et de confiance.
La fête du Saint Nom de Marie nous invite à purifier notre manière de regarder les difficultés.
Lorsque nous sommes dans l'épreuve, ne cédons pas immédiatement au découragement.
Tournons-nous vers Dieu.
Demandons l'intercession de Notre-Dame.
Prions.
Persévérons.
Marie n'est jamais une fin en elle-même : elle nous conduit toujours vers Jésus.
Et lorsque nous invoquons son nom avec confiance, souvenons-nous que notre véritable secours vient de Dieu seul, dont Marie est la très humble servante et la puissante intercesseur auprès de son divin Fils.
Le Très Saint Nom de Marie nous rappelle :
💙 La douceur et la beauté du nom de Notre-Dame.
⭐ Marie, Étoile de la mer, qui conduit les âmes vers Jésus.
🙏 La puissance de la prière et de l'intercession mariale.
✝️ L'importance de demeurer fidèles au Christ et à son Église.
🕯️ La nécessité de transformer notre dévotion mariale en une vie chrétienne plus fervente.
🌹 La confiance filiale que nous pouvons avoir envers la Mère de Dieu.
Votre soutien contribue à faire vivre et à développer cette œuvre de diffusion de la foi catholique, de la doctrine chrétienne et de la spiritualité traditionnelle.
Très Sainte Vierge Marie, faites que votre Saint Nom soit toujours gravé dans nos cœurs et conduisez-nous fidèlement vers votre divin Fils Jésus-Christ.