« Mettez d'accord votre conduite avec vos croyances. »
Saint Maurille, évêque d'Angers, fut un disciple de saint Martin de Tours et un ardent serviteur de Jésus-Christ.
Toute son existence fut consacrée à l'annonce de l'Évangile, à la destruction des idoles, à la prière et au salut des âmes.
Son histoire nous invite surtout à regarder notre propre vie chrétienne : croyons-nous réellement ce que nous professons ?
Saint Maurille, né aux environs de Milan, fut attiré à Tours par les vertus de saint Martin, auprès duquel il exerça pendant plusieurs années les fonctions de chantre aux divins offices.
Puis, élevé à la prêtrise, il se dévoua au salut des âmes.
La fréquentation des saints transforme les âmes.
Maurille fut attiré par les vertus de saint Martin et trouva auprès de lui une véritable école de vie chrétienne.
🕯️ La sainteté devient souvent contagieuse lorsque nous fréquentons ceux qui aiment véritablement Dieu.
Son exemple nous invite à choisir avec soin les personnes, les lectures et les influences qui nourrissent notre vie intérieure.
Son zèle le conduisit près d'Angers.
Là, par ses prières, il fit descendre le feu du ciel sur un temple païen et construisit ensuite à la place une église de Jésus-Christ.
Il bâtit même à côté un monastère.
Bientôt vint se fixer aux alentours une population qui donna naissance à la ville de Chalonne.
L'apostolat de saint Maurille est présenté ici comme une œuvre de transformation profondément chrétienne :
une ancienne terre consacrée au paganisme devient un lieu consacré au vrai Dieu.
Le temple païen laisse place à une église.
Le lieu de l'idolâtrie devient un lieu de prière.
Le désert spirituel devient un foyer de vie chrétienne.
✠ L'Évangile ne se contente pas de détruire l'erreur : il construit la vie nouvelle en Jésus-Christ.
À la mort de l'évêque d'Angers, Maurille lui succéda, par le choix de saint Martin lui-même.
Au jour de sa consécration, une colombe descendit visiblement sur sa tête.
Cette image de la colombe évoque traditionnellement l'action de l'Esprit-Saint.
L'évêque reçoit une mission qui le dépasse infiniment : conduire le peuple chrétien vers Dieu, préserver la foi, administrer les sacrements et veiller sur les âmes qui lui sont confiées.
L'épiscopat n'est donc pas un honneur mondain.
C'est une charge, un service et une responsabilité redoutable devant Dieu.
Quelques années plus tard, un fait étrange arriva.
Pendant la consécration de la Messe célébrée par le pontife, on apporta en toute hâte un enfant mourant pour qu'il reçût la Confirmation.
Le Saint attendit la fin du Sacrifice.
Mais pendant ce temps, l'enfant mourut.
Maurille en conçut un si grand chagrin qu'il s'enfuit sans avertir personne et s'embarqua pour l'Angleterre, où il se gagea comme jardinier chez un riche seigneur.
Cette épreuve montre combien le cœur d'un pasteur peut être profondément meurtri par la souffrance de ceux qui lui sont confiés.
Saint Maurille semble avoir été accablé par ce qu'il considérait comme son échec.
Pourtant, Dieu allait se servir de cette épreuve pour manifester encore davantage sa Providence.
Ses diocésains, dont la douleur était inconsolable, le firent si bien rechercher qu'on découvrit sa retraite.
Mais il refusa de revenir au milieu de son troupeau, disant :
« Je ne puis ; car ayant perdu sur mer les clefs des reliques de ma cathédrale, que j'avais emportées par mégarde, j'ai fait serment de ne plus paraître à Angers avant de les avoir retrouvées. »
Les envoyés lui répondirent :
« Les voici. »
Pendant leur traversée, un poisson fut jeté sur le pont du navire par la vague, et dans son ventre on avait trouvé ces clefs.
Le récit traditionnel présente cet événement comme un signe providentiel.
Maurille obéit à la Volonté du Ciel.
Une nouvelle fois, il devait revenir vers son peuple.
Son retour est particulièrement touchant.
Le saint ne s'attribue pas la décision.
Il reconnaît dans les événements l'appel de la Providence et accepte de reprendre la mission qui lui avait été confiée.
Voilà une belle leçon pour nous-mêmes.
Il peut arriver que nous voulions fuir nos responsabilités à cause d'une déception, d'un échec ou d'une souffrance.
Pourtant, Dieu peut nous demander de reprendre humblement le chemin interrompu.
La fidélité chrétienne consiste parfois à revenir là où nous avions voulu fuir.
À son retour, Maurille se fit conduire au tombeau de l'enfant.
Les yeux baignés de larmes, il demanda à Dieu de lui rendre la vie.
Le petit ressuscité reçut, à cause de cette seconde naissance, le nom de René.
Il devint le successeur de Maurille sur le siège d'Angers.
Le récit traditionnel présente ainsi ce miracle comme une manifestation de la puissance de Dieu répondant à la prière du saint évêque.
Saint Maurille ne cherche pas sa propre gloire.
Il prie.
Il pleure.
Il demande.
Et il remet le résultat entre les mains de Dieu.
🕯️ La prière véritable n'est jamais une exigence adressée à Dieu, mais une supplication pleine de confiance en Sa volonté.
Toute la vie de saint Maurille fut orientée vers une même œuvre :
conduire les hommes vers Dieu.
Il prêche.
Il prie.
Il fonde des églises.
Il établit un monastère.
Il sert les âmes.
Il veille sur son diocèse.
Son apostolat nous rappelle que l'évangélisation ne consiste pas seulement à transmettre des paroles.
Il faut aussi :
prier, instruire, sanctifier, bâtir et donner l'exemple.
L'Église grandit lorsque des hommes et des femmes consacrent réellement leur vie au Christ.
La réflexion pratique accompagnant cette fête nous concerne directement.
Les idoles ne sont pas seulement les statues des anciens temples païens.
Une idole peut devenir tout ce qui prend dans notre cœur la place qui revient à Dieu seul.
L'argent.
La recherche du confort.
La réussite.
La réputation.
Le plaisir.
Le pouvoir.
L'amour-propre.
Une habitude mauvaise.
Une ambition.
Même une chose légitime peut devenir désordonnée lorsqu'elle devient notre absolu.
✝️ Tout ce qui prend la place de Dieu dans notre cœur devient une idole.
Il est relativement facile de porter le nom de chrétien.
Il est beaucoup plus exigeant de vivre en chrétien.
Être baptisé.
Assister à la Messe.
Porter une croix.
Réciter quelques prières.
Tout cela est bon.
Mais Notre-Seigneur nous demande également de transformer notre conduite.
La foi doit éclairer nos choix.
Elle doit pénétrer notre vie familiale.
Notre travail.
Notre manière de parler.
Notre manière de traiter les autres.
Nos loisirs.
Nos dépenses.
Nos pensées.
Nos habitudes.
La foi catholique n'est pas seulement une identité : elle doit devenir une manière de vivre.
Glorieux saint Maurille,
vous qui avez quitté votre patrie pour vous consacrer au service de Dieu, obtenez-nous un véritable zèle pour notre sanctification.
Vous qui avez annoncé l'Évangile avec courage, donnez-nous la force de vivre et de transmettre fidèlement notre foi catholique.
Vous qui avez remplacé les temples païens par des églises consacrées à Jésus-Christ, obtenez-nous la grâce de renverser dans notre propre cœur toutes les idoles qui prennent la place de Dieu.
Vous qui avez aimé la prière, apprenez-nous à nous tourner vers Notre-Seigneur avec confiance dans les épreuves.
Vous qui avez connu la souffrance et le découragement, empêchez-nous de fuir lorsque les difficultés surviennent.
Obtenez-nous la fidélité à notre devoir d'état, la persévérance dans le bien, l'humilité dans nos succès et la confiance dans nos épreuves.
Priez pour les évêques, les prêtres et tous les pasteurs de l'Église, afin qu'ils demeurent fidèles à leur mission et travaillent sans relâche au salut des âmes.
Enfin, obtenez-nous la grâce de mettre parfaitement d'accord notre conduite avec notre foi, afin que notre vie entière rende témoignage à Jésus-Christ.
Saint Maurille, évêque et serviteur de Dieu, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Aujourd'hui, examinons notre conscience et demandons-nous :
« Quelle idole dois-je renverser dans mon cœur ? »
Choisissons quelque chose de concret.
Une habitude.
Un attachement.
Une recherche excessive du confort.
Une mauvaise disposition envers quelqu'un.
Puis faisons un premier pas pour nous en détacher.
Et demandons simplement :
« Seigneur, régnez dans mon cœur et prenez la place de tout ce qui Vous déplaît. »
Saint Maurille connut l'épreuve, le découragement et la tentation de fuir.
Mais il revint.
Il reprit sa mission.
Il retrouva son peuple.
Cette leçon est particulièrement importante pour nous.
Nous pouvons tomber.
Nous pouvons nous décourager.
Nous pouvons avoir l'impression d'avoir échoué.
Mais nous ne devons jamais désespérer.
La grâce de Dieu peut faire renaître ce que nous croyions perdu.
Le plus important n'est pas de n'avoir jamais connu la faiblesse.
C'est de revenir fidèlement à Dieu.
N'y a-t-il pas encore dans votre cœur quelque idole à renverser ? Ne demeurez pas plus longtemps chrétien de nom et païen de fait ; mettez d'accord votre conduite avec vos croyances.
Cette parole constitue une véritable interrogation spirituelle.
Demandons-nous honnêtement :
Ma vie correspond-elle à ma foi ?
Ce que je fais correspond-il à ce que je crois ?
Mes choix montrent-ils que Dieu est réellement premier dans ma vie ?
✝️ Être chrétien, c'est appartenir au Christ non seulement de nom, mais de cœur, d'intelligence, de volonté et de conduite.
Saint Maurille nous enseigne :
✝️ À annoncer fidèlement Jésus-Christ.
🙏 À persévérer dans la prière malgré les épreuves.
🕯️ À faire confiance à la Providence divine.
⛪ À servir fidèlement l'Église.
🌿 À renverser les idoles présentes dans notre cœur.
❤️ À vivre une foi concrète et non seulement extérieure.
🌅 À mettre notre conduite en accord avec nos croyances.
Votre soutien contribue à faire vivre et à développer cette œuvre de diffusion de la foi catholique, de la doctrine chrétienne et de la spiritualité traditionnelle.
Saint Maurille, priez pour nous et obtenez-nous la grâce de vivre véritablement en chrétiens, en mettant notre conduite en accord avec notre foi.