Saint Jean Eudes, ardent missionnaire et apôtre des Cœurs de Jésus et de Marie, priez pour nous !
Jean Eudes, né le 14 novembre 1601, dans le petit village normand de Ri, était l'aîné de six enfants ; l'historien Eudes de Mézerai était son frère.
Son père, Isaac, qui avait été arrêté au seuil du sacerdoce par des devoirs impérieux, possédait une science religieuse au-dessus de la moyenne ; aussi en fit-il largement bénéficier ses enfants.
Aucun ne profita mieux de cette éducation que Jean.
Il n'était encore qu'un enfant quand, un jour, ayant reçu un soufflet d'un de ses camarades, il se mit à genoux et tendit l'autre joue, selon le conseil évangélique.
À quatorze ans, il faisait le vœu de chasteté et montrait déjà cette ténacité de volonté qui sera sa note caractéristique.
Au collège de Caen, sa dévotion envers Marie le poussa à se passer naïvement un anneau de fiançailles au doigt.
Ses études terminées, il se décida à entrer dans l'état ecclésiastique.
Pour le faire avec plus de perfection, il se mit sous la direction du Père de Bérulle, entra à l'Oratoire et fut ordonné prêtre à Paris, le 24 décembre 1625.
Le nouveau prêtre inaugura son ministère en se dévouant au soulagement des populations de Normandie alors décimées par la peste.
Il poussa si loin le dévouement envers les pestiférés qu'il ne se trouva personne à Caen pour oser lui prêter asile.
Pendant plusieurs semaines, il fut réduit à se loger hors de la ville, dans un grand tonneau.
Ce détail de sa vie révèle déjà l'esprit qui animera tout son apostolat :
se donner sans réserve au service de Dieu et du prochain.
Saint Jean Eudes ne recherchait ni confort, ni honneurs, ni sécurité personnelle.
Il voyait dans les souffrances du prochain une occasion de pratiquer la charité de Jésus-Christ.
Mais l'œuvre principale du Père Eudes fut l'œuvre des missions.
Au sortir des guerres religieuses, en France, l'ignorance de la religion et le relâchement des mœurs étaient extrêmes.
Pour y porter remède, le Père Eudes parcourut la Normandie, la Bourgogne, l'Île-de-France et maints autres lieux.
Son éloquence populaire, servie par un bel organe, et accompagnée d'une sainteté authentique, exerça un ascendant considérable sur toutes les classes de la société.
Depuis saint Vincent Ferrier, on n'avait point vu de missionnaire qui exerçât une telle action sur les foules.
Son apostolat avait un objectif clair :
ramener les âmes à Dieu.
Il prêchait la conversion, la pénitence, la grâce, la miséricorde divine et la nécessité d'une vie chrétienne véritable.
Dans le but de travailler au relèvement du Clergé, « le plus grand ennemi de l'Église », selon lui, le Père Eudes ouvrit à Caen un séminaire qui fut l'embryon d'une nouvelle famille religieuse, consacrée aux Cœurs de Jésus et de Marie, et appelée Congrégation de Jésus et de Marie, ou Eudistes.
Le succès vint aussitôt.
Les diocèses de Normandie furent bientôt pourvus de prêtres instruits et vertueux.
Le Père Eudes ajouta à la formation du clergé les missions dans les campagnes.
Il comprenait qu'une réforme véritable de la vie chrétienne devait commencer par la formation de prêtres saints, instruits dans la doctrine et brûlant de zèle pour le salut des âmes.
Cette conviction demeure profondément actuelle :
L'Église a besoin de prêtres selon le Cœur de Jésus-Christ.
En même temps, il fondait à Caen un Institut pour assurer la persévérance des « Repenties ».
Selon l'usage du temps, chaque maison était indépendante.
À la mort du Père Eudes, il y en avait quatre ; à la veille de la Révolution, il y en avait huit.
En 1835, la supérieure du Refuge d'Angers, sainte Marie-Madeleine Pelletier, femme « de taille à gouverner un royaume », obtint que les nouvelles maisons fondées par son monastère restassent sous la dépendance de la Maison-Mère et donna à sa Congrégation le nom de « Bon-Pasteur ».
Cette branche eut un grand succès et possède des ramifications dans les cinq parties du monde.
Cette œuvre rappelle la sollicitude du Christ pour les âmes blessées par le péché.
Aucune âme ne doit être considérée comme définitivement perdue.
Le Seigneur est le Bon Pasteur qui recherche la brebis égarée.
Une des gloires du Père Eudes est d'avoir été le précurseur de la dévotion aux Cœurs de Jésus et de Marie.
Quarante ans avant les apparitions de Paray-le-Monial, il faisait célébrer par ses prêtres l'Office solennel de ces très saints Cœurs et s'en faisait l'Apôtre dans ses missions.
Ainsi, son apostolat était profondément enraciné dans l'amour du Sacré-Cœur de Jésus et du Cœur Immaculé de Marie.
Cette dévotion ne sépare jamais Marie de son divin Fils.
Elle conduit au contraire à contempler l'union parfaite entre le Cœur du Rédempteur et le Cœur de Sa Très Sainte Mère.
Aussi Léon XIII a-t-il appelé le Père Eudes :
« Auteur du culte liturgique des SS. Cœurs de Jésus et de Marie »
Et saint Pie X, en le béatifiant, a dit qu'il devait être regardé comme :
« Père, Docteur et Apôtre » de cette dévotion.
Saint Jean Eudes nous enseigne à revenir au centre de toute vie chrétienne :
Jésus-Christ.
Le Cœur de Jésus est le foyer de Son amour pour le Père et pour les hommes.
C'est dans ce Cœur que le chrétien apprend :
Et auprès du Cœur de Jésus se trouve le Cœur très pur de Sa divine Mère.
Marie est la créature qui a aimé Jésus avec l'amour le plus parfait.
Se consacrer à Marie, c'est donc apprendre auprès d'Elle à mieux connaître, aimer et servir Son divin Fils.
Arrivé à un âge avancé, le saint fondateur déposa sa charge de Supérieur.
Après une vie consacrée à la prière, à la prédication, aux missions, à la formation du clergé et au salut des âmes, il mourut saintement le 19 août 1680.
Son existence peut se résumer en quelques mots :
prier, aimer, prêcher, convertir et conduire les âmes à Jésus-Christ.
Saint Jean Eudes ne s'est pas contenté d'aimer Dieu intérieurement.
Son amour de Dieu l'a poussé à travailler inlassablement au salut des âmes.
Voilà une leçon importante pour tout chrétien.
La charité véritable ne consiste pas seulement à éprouver de bons sentiments.
Elle nous pousse à vouloir le véritable bien du prochain.
Et quel est le plus grand bien de l'homme ?
Le salut éternel.
Nous pouvons aider matériellement notre prochain, le consoler dans ses souffrances et lui venir en aide dans ses difficultés.
Mais nous devons également prier pour qu'il connaisse Jésus-Christ et qu'il demeure fidèle à la grâce.
Saint Jean Eudes nous rappelle ainsi que toute œuvre véritablement chrétienne doit finalement conduire les âmes vers Dieu.
Glorieux saint Jean Eudes,
vous qui avez consacré toute votre vie au service de Dieu et au salut des âmes, obtenez-nous un véritable amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Apprenez-nous à connaître et à aimer Son Sacré-Cœur, foyer ardent de charité.
Obtenez-nous également une tendre dévotion envers le Cœur Immaculé de la Très Sainte Vierge Marie.
Vous qui avez travaillé sans relâche à la conversion des pécheurs, obtenez-nous la grâce de détester sincèrement le péché et de revenir à Dieu chaque fois que nous avons le malheur de L'offenser.
Vous qui avez consacré vos forces à la formation des prêtres, suscitez dans l'Église de saints prêtres, fidèles à leur vocation, attachés à la Sainte Messe, aux sacrements, à la doctrine catholique et au salut des âmes.
Vous qui avez secouru les malades et les pauvres, obtenez-nous un cœur généreux et charitable.
Faites de nous des chrétiens véritables, non seulement de nom, mais de cœur et de vie.
Cœur de Jésus, embrasez nos cœurs de Votre amour.
Cœur Immaculé de Marie, soyez notre refuge et notre chemin vers Jésus.
Saint Jean Eudes, ardent apôtre des Cœurs de Jésus et de Marie, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Très Sacré Cœur de Jésus,
ayez pitié de nous.
Cœur Immaculé de Marie,
priez pour nous.
Cœur de Jésus, uni substantiellement au Verbe de Dieu,
ayez pitié de nous.
Cœur de Marie, parfaitement uni au Cœur de Jésus,
priez pour nous.
Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie,
faites que nous vous aimions toujours davantage.
Ainsi soit-il.
Admirons le zèle de Saint Jean Eudes pour servir Dieu, et rachetons par plus de bonnes œuvres le temps pendant lequel nous ne l'avons point servi.
Cette réflexion nous invite à regarder honnêtement notre propre vie.
Combien de temps avons-nous consacré à des choses qui passent ?
Combien de temps avons-nous perdu dans les distractions, les préoccupations inutiles ou les vanités du monde ?
Chaque journée reçue de Dieu est un don.
Nous ne pouvons pas reprendre les heures passées, mais nous pouvons encore offrir au Seigneur celles qui nous restent.
Ne remettons donc pas à demain notre conversion.
Faisons aujourd'hui une bonne œuvre.
Prions aujourd'hui avec davantage de ferveur.
Pardonnons aujourd'hui.
Aidons aujourd'hui celui qui souffre.
Et surtout, revenons aujourd'hui à Dieu de tout notre cœur.
Avant de terminer cette méditation, prenons une résolution simple :
« Aujourd'hui, Seigneur, je ferai au moins une chose uniquement pour Votre amour. »
Qu'elle soit petite ou grande importe peu.
Ce qui compte est l'amour avec lequel nous l'accomplirons.
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