« Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire ! »
Saint Pierre d'Alcantara fut remarquable par son austérité, mais aussi par son humilité, son zèle apostolique et son amour ardent du Saint-Sacrement. Sa vie invite à rechercher la conversion du cœur et à mettre toute notre existence au service de Dieu.
Ce Saint, issu d'une famille illustre, fut un prodige d'austérités. Entré dans l'Ordre de Saint-François, après de brillantes études où avait éclaté surtout son amour pour les Livres Saints, il montra, pendant son noviciat, une modestie surprenante ; il ne connaissait ses frères qu'à la voix, il ne savait point la forme de la voûte de l'église ; il passa quatre ans au couvent sans apercevoir un arbre qui étendait ses branches et donnait son ombre près de la porte d'entrée.
Sa vertu extraordinaire l'éleva aux charges de l'Ordre dès ses premières années de vie religieuse ; mais l'humble supérieur se faisait, à toute occasion, le serviteur de ses frères et le dernier de tous.
Dans un pays de montagnes, couvert de neige, en plein hiver, il avait trouvé un singulier secret contre le froid : il ôtait son manteau, ouvrait la porte et la fenêtre de sa cellule ; puis, après un certain temps, reprenait son manteau et refermait porte et fenêtre.
Sa prédication produisit les plus merveilleux effets ; sa vue seule faisait couler les larmes et convertissait les pécheurs : c'était, selon la parole de sainte Thérèse, la mortification personnifiée qui prêchait par sa bouche.
Dieu lui inspira de travailler à la réforme de son Ordre, et il y établit une branche nouvelle qui se fit remarquer par sa ferveur.
Dans ses voyages, Pierre ne marchait que pieds nus et la tête découverte : la tête découverte, pour vénérer la présence de Dieu ; pieds nus, afin de ne jamais manquer l'occasion de se mortifier.
S'il lui arrivait de se blesser un pied, il ne prenait qu'une sandale, ne voulant pas qu'un pied fût à son aise quand l'autre était incommodé.
Pierre d'Alcantara fut un des conseillers de sainte Thérèse d'Avila, qui l'avait en grande considération.
Sa mortification s'accroissait chaque jour au point qu'il ne se servait plus de ses sens et de ses facultés que pour se faire souffrir ; il ne mangeait qu'une fois tous les trois jours, se contentant de mauvais pain et d'eau ; parfois il demeurait huit jours sans manger.
Il passa quarante ans sans donner au sommeil chaque nuit plus d'une heure et demie, encore prenait-il ce sommeil assis dans une position incommode ; il avoua que cette mortification avait été plus terrible pour lui que les cilices de métal, les disciplines et les chaînes de fer.
La seule pensée du Saint-Sacrement et des mystères d'amour du Sauveur le faisait entrer en extase.
Saint Pierre d'Alcantara fit de nombreux miracles.
Apparaissant à sainte Thérèse après sa mort, il lui dit :
« Ô bienheureuse pénitence, qui m'a valu tant de gloire ! »
La vie de saint Pierre d'Alcantara est marquée par une pénitence extraordinaire. Son exemple nous rappelle le sérieux de la conversion et la nécessité de ne pas laisser nos inclinations désordonnées gouverner notre âme.
La pénitence chrétienne ne consiste toutefois pas à rechercher la souffrance pour elle-même. Elle est ordonnée à la conversion, à la maîtrise de soi, à la réparation du péché et à un amour plus grand de Dieu et du prochain. Les mortifications doivent être pratiquées avec discernement, selon son état de vie et ses forces, sans mettre imprudemment sa santé en danger ; un accompagnement spirituel prudent peut aider à discerner ce qui convient.
L'essentiel n'est pas de reproduire matériellement les austérités extraordinaires d'un saint, mais d'apprendre de lui la fidélité, l'humilité et le détachement.
Saint Pierre d'Alcantara, malgré les responsabilités qui lui furent confiées, choisissait volontiers la dernière place et se faisait le serviteur de ses frères.
Cette humilité peut être vécue par chacun de nous : accomplir une tâche cachée sans rechercher les compliments, accepter une correction juste, céder par charité lorsque rien ne s'oppose au devoir, et servir sans attendre de récompense humaine.
La sainteté commence souvent dans les actes ordinaires accomplis sous le regard de Dieu.
Le récit souligne l'amour du saint pour le Saint-Sacrement. L'Eucharistie est le centre de la vie de l'Église : elle nous unit au sacrifice du Christ et nourrit notre charité.
Demandons la grâce de participer à la Messe avec foi, de recevoir dignement la sainte Communion selon les dispositions de l'Église, et de réserver chaque jour un moment au recueillement.
Même une prière brève, offerte avec fidélité, peut devenir une école d'amour et de persévérance.
Saint Pierre reçut de Dieu la mission de travailler à la réforme de son Ordre. Une réforme véritable ne se limite pas à l'organisation extérieure : elle suppose des cœurs convertis, une vie de prière et une recherche sincère de la volonté divine.
Nous pouvons nous demander ce que le Seigneur nous appelle à réformer en nous-mêmes : une habitude, une impatience, un attachement excessif, un manque de charité ou une négligence dans la prière.
Avant de juger le prochain, commençons par implorer la grâce de corriger nos propres défauts.
Prenons quelques instants en silence et posons-nous ces questions :
Est-ce que je cherche réellement à progresser dans la vertu ?
Est-ce que je sais me détacher de mon confort lorsque le devoir ou la charité le demande ? Est-ce que ma prière occupe une place réelle dans mes journées ? Est-ce que je sers les autres sans attendre de reconnaissance ?
Demandons à saint Pierre d'Alcantara de nous obtenir une âme plus humble, plus recueillie et plus généreuse.
Choisissons aujourd'hui un effort raisonnable et concret : renoncer à une distraction inutile pour prier, accomplir un service discret, accepter une contrariété avec patience ou nous recueillir quelques minutes devant le Saint-Sacrement lorsque cela nous est possible.
Offrons cet effort à Notre-Seigneur, non par orgueil ni par goût de la souffrance, mais par amour et désir de conversion.
« Seigneur Jésus, apprenez-moi à renoncer à ce qui m'éloigne de Vous et à Vous servir avec humilité. »
Saint Pierre d'Alcantara, humble fils de saint François,
vous qui avez consacré votre vie à la prière, à la pénitence et à l'amour de Notre-Seigneur,
obtenez-nous la grâce d'une véritable conversion du cœur.
Apprenez-nous à maîtriser nos inclinations désordonnées, à pratiquer le détachement et à accepter avec patience les sacrifices légitimes de notre état de vie.
Préservez-nous de l'orgueil spirituel et du désir de paraître ; faites-nous aimer le service caché et la dernière place.
Vous qui aviez une si grande dévotion envers le Saint-Sacrement, obtenez-nous une foi profonde en la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.
Soutenez ceux qui travaillent à la réforme de leur vie et de leurs communautés, afin que toute réforme porte des fruits de sainteté, d'unité et de charité.
Priez pour les prêtres, les religieux et tous ceux qui cherchent à vivre fidèlement leur vocation.
Saint Pierre d'Alcantara, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
L'exemple de saint Pierre d'Alcantara nous rappelle que la pénitence n'a de sens que lorsqu'elle nous rapproche de Dieu. L'austérité extérieure doit être accompagnée d'humilité, d'obéissance, de prière et de charité.
Demandons sa protection pour apprendre à nous détacher de nous-mêmes, à aimer davantage le Saint-Sacrement et à rechercher en toutes choses la gloire de Dieu.
✠ Saint Pierre d'Alcantara, priez pour nous.
✠ Jésus au Très Saint Sacrement, fortifiez notre foi et notre amour.
Veni Creator — Pour la défense de la Foi catholique, la prière et la sanctification des âmes.