Saint Germain de Paris naquit sur le territoire d'Autun. Tout jeune, il faillit être victime d'une mère dénaturée et d'une grand-mère criminelle ; mais Dieu veillait sur cet enfant de bénédiction et le réservait à de grandes choses. Germain se réfugia près d'un ermite, son oncle, dont il partagea la vie austère, et dont il s'étudia chaque jour à imiter la piété et les vertus. L'évêque d'Autun, ayant fait sa connaissance, conçut pour lui une très haute estime, et lui donna, malgré les réclamations de son humilité, l'onction sacerdotale, puis le nomma bientôt abbé du monastère de Saint-Symphorien d'Autun.
Par ces temps de guerre et de dévastation, les pauvres affluaient. Germain, toujours ému à la vue d'un homme dans la souffrance, ne renvoyait personne sans lui faire l'aumône, au point qu'un jour il donna jusqu'au dernier pain de la communauté. Les moines murmurèrent d'abord, puis se révoltèrent ouvertement. Germain, pleurant amèrement sur le défaut de foi de ses disciples, se retira dans sa cellule et pria Dieu de les confondre et de les corriger. Il priait encore lorsqu'une dame charitable amena au monastère deux chevaux chargés de vivres, et annonça que le lendemain elle enverrait un chariot de blé. La leçon profita aux religieux, qui rentrèrent dans le devoir.
Un jour, le feu prit au grenier, menaçant de brûler toute la récolte du couvent. Germain, calme et confiant, saisit une marmite d'eau à la cuisine, monta au grenier en chantant Alléluia, fit le signe de la Croix et jeta quelques gouttes d'eau sur le brasier, qui s'éteignit aussitôt.
Un jour qu'il était en prière, il vit apparaître un vieillard éblouissant de lumière, qui lui présenta les clefs de la ville de Paris.
« Que signifie cela ? » demanda l'abbé. « C'est que vous serez bientôt le pasteur de cette ville », répondit la vision.
Quatre ans plus tard, Germain devint évêque. Il resta moine toute sa vie et ajouta même de nouvelles austérités à celles qu'il avait pratiquées dans le cloître. Après les fatigues d'une journée tout apostolique, son bonheur — même par les temps rigoureux — était de passer les nuits entières au pied de l'autel.
Germain eut la plus grande et la plus heureuse influence auprès des rois et des reines qui se succédèrent sur le trône de France pendant son épiscopat. On ne saurait dire le nombre de pauvres qu'il secourut, de prisonniers qu'il délivra, avec l'or des largesses royales. Il mourut, plein de mérites, à l'âge de quatre-vingts ans.
Employons-nous à ramener l'harmonie dans les familles. C'est une œuvre très agréable à Dieu.