« L'amour divin s'était allumé dans son âme comme un incendie. »
Sainte Rose de Viterbe eut une vie extrêmement courte, mais extraordinairement remplie de grâces, de pénitence, de prédication et de zèle pour les âmes.
Son existence fut celle d'une enfant puis d'une jeune fille entièrement donnée à Dieu, que la tradition présente comme favorisée de grâces mystiques et de nombreux miracles.
La courte vie de Rose fut un tissu de merveilles.
Elle n'avait que trois ans lorsqu'une de ses tantes vint à mourir. Les larmes et les sanglots de sa famille l'émurent profondément.
Compatissante à une telle douleur, l'enfant tombe à genoux devant le cercueil, lève les mains et le regard vers le ciel, et de sa voix douce appelle sa tante.
Aussitôt la morte ouvre les yeux, tourne la tête, et sort comme d'un profond sommeil.
Dieu avait ainsi voulu attester de bonne heure la sainteté de sa petite servante.
Cette scène, telle qu'elle est rapportée par la tradition hagiographique, manifeste déjà la place particulière de la prière dans la vie de Rose : une âme d'enfant tournée spontanément vers Dieu et confiante en sa puissance.
Rose, vêtue d'une étoffe grossière, allait nu-pieds, jeûnait et se disciplinait.
L'amour divin s'était allumé dans son âme comme un incendie : souvent il lui fallait se lever, la nuit, et sortir en plein air, pour se rafraîchir la poitrine et pour exhaler en de suaves cantiques les flammes qui la brûlaient.
Elle comprit très jeune que l'amour de Dieu demande une réponse généreuse.
Sa pénitence n'était pas recherchée pour elle-même, mais comme expression d'un amour ardent pour Notre-Seigneur et comme participation aux souffrances du Christ.
La vraie mortification chrétienne n'a de sens que tournée vers Dieu.
Elle nous rappelle que notre vie spirituelle demande elle aussi des renoncements : lutter contre nos défauts, résister au péché, maîtriser nos passions et apprendre à offrir à Dieu les sacrifices de chaque jour.
A sept ans, elle voulut entrer chez les franciscaines de Viterbe.
Son âge ne leur permit pas de la recevoir.
Loin de se décourager, Rose se mit alors à vivre en ermite dans une petite cellule.
Cette enfant sublime consumait son corps en austérités, son âme en ardeurs et en contemplations.
Sa vie cachée nous rappelle les grandes valeurs de la spiritualité chrétienne : silence, prière, pénitence et union à Dieu.
A dix ans, on crut qu'elle allait mourir.
Mais au fort de la maladie, la Reine des anges lui apparut, lui ordonna de se lever, de vêtir l'habit du tiers ordre de Saint-François, et d'aller prêcher la justice et la pénitence.
Rose obéit.
La parole s'élança de ses lèvres, abondante, impétueuse, entraînante.
Ses discours subjuguaient les esprits et convertissaient les cœurs.
À sa voix, les foules assiégèrent les confessionnaux et la table sainte, les scandales disparurent, la religion et les vertus chrétiennes fleurirent à l'envi.
C'est que la petite prêcheuse appuyait ses exhortations de miracles aussi éclatants que nombreux : sourds, aveugles, paralytiques, tous auprès d'elle retrouvaient la santé.
Le but de Rose n'était pas de se faire admirer.
Elle exhortait les âmes à revenir à Dieu.
Sa prédication appelait à la justice, à la pénitence, à la conversion et à la fidélité chrétienne.
Son exemple permet de comprendre que la véritable évangélisation ne consiste pas simplement à produire de beaux discours : elle doit conduire à la conversion du cœur.
Une âme touchée par Dieu doit chercher à quitter le péché et à retrouver la grâce.
Dans le récit de sa vie, la prédication de Rose produit précisément ce fruit : les fidèles retournent aux confessionnaux, s'approchent de la Sainte Communion et reprennent une vie chrétienne plus fervente.
Un jour elle parlait à une foule si nombreuse que sa voix n'arrivait pas aux derniers rangs de ses auditeurs.
Tout à coup, on vit le bloc de pierre où elle se tenait debout se détacher du sol, s'élever doucement avec elle dans les airs et l'y soutenir pendant tout son sermon.
Devant ce prodige un étonnement muet s'était emparé de tous les assistants ; à la fin il se changea en transports d'enthousiasme, en acclamations de triomphe.
Les miracles rapportés dans la vie de sainte Rose sont présentés par la tradition comme des signes accompagnant sa mission, et non comme une fin en eux-mêmes.
Le miracle véritablement recherché par la prédication demeure toujours le retour de l'âme à Dieu.
Rose trouva cependant des ennemis à Viterbe.
Ils obtinrent son exil.
Retirée dans les âpres montagnes de Soriano, la servante de Dieu continua ses prédications et ses miracles, et ramena une multitude d'âmes au Seigneur.
Elle ne laissa pas les oppositions humaines éteindre son zèle.
Elle continua d'accomplir sa mission avec confiance, sachant que la vérité et le bien des âmes ne dépendent pas de l'approbation des hommes.
Le serviteur de Dieu doit préférer la fidélité à Dieu aux succès humains.
Afin de prouver aux hérétiques la vérité de la foi romaine, un jour elle fit allumer un grand bûcher, y monta au milieu des flammes et y demeura trois heures.
Pas un cheveu de sa tête, pas un fil de ses vêtements ne fut atteint.
Ce récit spectaculaire appartient à la tradition hagiographique de sainte Rose et souligne, dans cette tradition, son courage et son zèle pour la foi.
Pour le chrétien, l'enseignement essentiel demeure la fidélité à la vérité révélée et l'attachement à l'Église catholique, même au milieu des difficultés.
Lorsque, après dix-huit mois d'exil, elle retourna dans sa ville natale, ce fut pour ses concitoyens une jubilation sans pareille.
Tous voulaient l'approcher et imprimer sur ses habits, ses mains, son front, leurs baisers respectueux.
L'humble enfant eut beau protester ; il lui fallut subir les honneurs de cette démonstration.
Elle alla frapper de nouveau à la porte des franciscaines : sa demande fut une seconde fois repoussée.
« Vous me refusez l'entrée de votre couvent, et cependant vous m'y recevrez un jour. »
Ce ne devait être qu'après sa mort.
Elle vécut encore deux ou trois ans dans sa pauvre cellule, puis elle partit pour le ciel, à l'âge de dix-sept ans et demi.
Les filles de Saint-François réclamèrent sa précieuse dépouille, qui s'est conservée sans corruption jusqu'à nos jours.
Ce qui frappe dans la vie de sainte Rose est la radicalité de son abandon à Dieu.
Elle fut enfant, puis jeune fille, mais elle vécut chaque étape de son existence dans la recherche de la volonté divine.
Elle n'attendit pas d'être âgée pour commencer à devenir sainte.
Cela constitue pour nous une leçon importante :
La sainteté n'attend pas.
Chaque âge, chaque vocation, chaque situation peut devenir le lieu où Dieu nous demande de l'aimer et de le servir.
Les récits extraordinaires de la vie de sainte Rose peuvent nous impressionner.
Mais il ne faut pas oublier la leçon essentielle de cette fête.
Dieu n'accorde pas à tous le don des miracles.
Il n'appelle pas tous les chrétiens à une vie érémitique.
Il ne demande pas à tous les fidèles des pénitences extraordinaires.
En revanche, Il offre à chacun les grâces nécessaires pour devenir saint dans son propre état de vie.
La grâce de bien faire son devoir.
La grâce de résister à la tentation.
La grâce de pardonner.
La grâce de prier.
La grâce de revenir à Dieu après une chute.
La grâce d'accomplir fidèlement les devoirs de son état.
C'est cette sainteté ordinaire, vécue avec fidélité, que nous devons rechercher avant toute chose.
Glorieuse sainte Rose de Viterbe,
vous qui avez aimé Notre-Seigneur dès votre plus tendre enfance, obtenez-nous un véritable amour de Dieu.
Vous qui avez pratiqué la pénitence et la mortification, apprenez-nous à combattre généreusement le péché et à offrir à Dieu les sacrifices de chaque jour.
Vous qui avez prêché la justice et la pénitence, obtenez-nous le courage de vivre conformément à la foi catholique et de ne jamais avoir honte de Jésus-Christ.
Vous qui avez souffert les oppositions et l'exil, donnez-nous la force de rester fidèles lorsque viennent les épreuves.
Vous qui avez travaillé au salut des âmes, priez pour les pécheurs, pour ceux qui sont éloignés de Dieu et pour tous ceux qui ont besoin de conversion.
Obtenez-nous surtout les grâces dont nous avons besoin pour accomplir fidèlement notre devoir d'état et pour parvenir un jour au Ciel.
Sainte Rose de Viterbe, vierge et servante de Dieu, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Dieu n'accorde pas à tous le don des miracles, mais à tous il veut donner les grâces qui sanctifient. Demandons-les instamment et rendons-nous dignes de les recevoir.
Cette pensée doit être notre résolution du jour.
Ne cherchons pas d'abord les choses extraordinaires.
Demandons à Dieu la grâce de devenir saints dans les petites choses ordinaires.
Une prière bien faite.
Une tentation repoussée.
Un devoir accompli avec amour.
Une parole mauvaise retenue.
Une souffrance offerte.
Un acte de charité.
Une faute humblement confessée.
Voilà les petites victoires qui peuvent transformer une vie.
🕯️ Sainte Rose, apprenez-nous à désirer la sainteté plus que toute faveur extraordinaire.
Sainte Rose de Viterbe nous enseigne :
🌹 À aimer Dieu dès que possible et sans attendre.
🕯️ À pratiquer la pénitence avec esprit de foi.
✝️ À demeurer fidèles à la vérité catholique.
🙏 À travailler au salut des âmes par la prière et l'exemple.
🌿 À rechercher avant tout les grâces qui sanctifient.
Votre soutien permet de contribuer à la diffusion de la foi catholique, de la doctrine chrétienne et de la spiritualité traditionnelle.
Que sainte Rose de Viterbe intercède pour nous, afin que nous recherchions avec ardeur la sainteté et demeurions fidèles à Notre-Seigneur Jésus-Christ.