« Pour gagner le ciel, il nous faut dompter, non les fauves du désert, mais les passions de notre nature. »
Saint Humbert fut un gentilhomme de Mézières, en Champagne, issu d'une noble famille. Pourtant, Dieu le conduisit progressivement à renoncer aux biens et aux honneurs du monde pour se consacrer entièrement à son service.
Sa vie nous présente un beau modèle de conversion, de vocation religieuse, d'obéissance, de pénitence et de maîtrise de soi.
Humbert était un gentilhomme de Mézières, en Champagne, fils d'Evrard et de Popile, l'un et l'autre de la première noblesse du pays.
Après avoir terminé ses études dans un monastère de Laon, il se donna au Seigneur et reçut les saints ordres.
Cette première étape de sa vie nous montre déjà l'action mystérieuse de la grâce.
Né dans une famille noble et disposant probablement de nombreuses possibilités selon le monde, Humbert choisit de donner son existence à Dieu.
🌿 La véritable noblesse de l'homme consiste moins dans son origine que dans la sainteté de sa vie.
Lorsque l'évêque de Maastricht, Saint Amand, traversait la Champagne pour se rendre à Rome, Humbert était à Mézières pour y recueillir la succession de sa famille.
Il donna l'hospitalité au saint pontife, et, gagné par la piété de son hôte, le suivit jusqu'à la ville éternelle.
Cette rencontre fut providentielle.
L'hospitalité d'un jour devait devenir le commencement d'une profonde transformation intérieure.
Humbert découvrit auprès de saint Amand un exemple de vie entièrement consacrée à Dieu.
Pendant le voyage, un ours énorme se jeta sur la monture qui portait le bagage des pieux pèlerins, et l'étrangla.
Humbert, pour le punir, l'obligea de remplacer leur bête de somme.
C'était un curieux spectacle de voir ce sauvage habitant des montagnes obéir à l'homme de Dieu avec la docilité d'un agneau.
Ce récit appartient à la tradition hagiographique de saint Humbert et illustre symboliquement le pouvoir que Dieu peut manifester à travers ses serviteurs.
Il nous fournit également une belle image spirituelle :
🐻 Celui qui apprend à se soumettre humblement à Dieu peut recevoir la grâce de maîtriser ce qui paraît indomptable.
Saint Amand inspira sans peine à son compagnon l'amour de l'état monastique.
Après un second pèlerinage à Rome, où un ange apparut à Humbert et lui imprima publiquement sur la tête une croix lumineuse, ce saint prêtre bâtit et dota deux églises à Marolles, l'une pour le chapitre, l'autre pour le monastère où il s'enferma et fit profession.
Plus tard il gouverna cette abbaye, et lui donna sa terre de Mézières-sur-l'Oise.
Ainsi, celui qui avait commencé sa vie dans les biens et les honneurs du monde choisit la pauvreté, la discipline et l'obéissance du cloître.
Le monastère devint pour lui une véritable école de sainteté.
La vie religieuse de saint Humbert nous rappelle que la vocation monastique est avant tout une consécration totale à Dieu.
Le religieux renonce librement à beaucoup de biens terrestres afin de rechercher plus directement les biens éternels.
Silence, prière, obéissance, pénitence et travail deviennent les instruments d'une même œuvre : la sanctification de l'âme.
Cette leçon demeure actuelle pour tout chrétien.
Sans être religieux, nous pouvons tous apprendre du monachisme à réserver à Dieu une véritable place dans notre journée :
Le bienheureux était uni par les liens d'une sainte amitié avec la fondatrice du couvent de Maubeuge, Sainte Aldegonde.
Cette amitié était fondée sur Dieu et orientée vers le Ciel.
Au moment de mourir, il envoya demander à la pieuse abbesse des suaires pour ensevelir son corps.
Le messager n'eut pas besoin de se rendre jusqu'à Maubeuge : en route il trouva un exprès que Sainte Aldegonde, avertie par une révélation céleste, envoyait à Marolles, et qui portait au mourant des linceuls funèbres.
Ce récit souligne, dans la tradition de sa vie, la profondeur de l'union spirituelle qui existait entre ces deux âmes consacrées à Dieu.
La dépouille mortelle d'Humbert fut inhumée dans l'oratoire qu'il avait bâti.
Cent cinquante-trois ans plus tard, l'abbé Rodin leva de terre ce précieux trésor.
Il exhalait une odeur si agréable que toute l'église en fut embaumée ; les linges qui le couvraient n'étaient point corrompus, et les fleurs jetées avec lui dans la sépulture avaient encore toute leur fraîcheur.
Ces merveilles inspirèrent aux assistants la vénération pour un si grand saint, et l'on ne douta point qu'elles fussent une marque de sa béatitude en paradis.
Dans la piété catholique, les reliques des saints sont honorées non comme des objets magiques, mais parce qu'elles ont été les instruments corporels d'âmes qui ont servi Dieu.
Elles rappellent également la grande vérité chrétienne de la résurrection de la chair : le corps lui-même est destiné à être glorifié par Dieu.
La comparaison proposée par la tradition au sujet de saint Humbert est particulièrement forte.
Il avait pu faire obéir un animal sauvage.
Mais il existe en chacun de nous des « bêtes farouches » autrement difficiles à dompter :
l'orgueil, la colère, la sensualité, la jalousie, l'envie, l'impatience, l'attachement excessif aux biens de ce monde.
Ce sont nos passions désordonnées.
Elles ne doivent pas être détruites, car les passions font partie de la nature humaine créée par Dieu.
Mais elles doivent être éduquées, maîtrisées et soumises à la raison éclairée par la foi.
✝️ La mortification chrétienne ne consiste pas à mépriser la nature, mais à remettre toute notre personne dans l'ordre voulu par Dieu.
Saint Humbert nous invite ainsi à ne pas fuir les petits combats de la vie quotidienne.
Lorsque nous sommes contrariés, nous pouvons apprendre à garder le silence.
Lorsque nous sommes tentés de répondre durement, nous pouvons retenir notre parole.
Lorsque nous voulons satisfaire immédiatement un désir, nous pouvons attendre.
Lorsque notre amour-propre est blessé, nous pouvons accepter humblement cette humiliation.
Ces petites victoires cachées ont une grande valeur dans la vie spirituelle.
La sainteté se construit souvent dans des combats que personne ne voit.
Demandons-nous aujourd'hui :
Quelle est la passion qui me domine le plus ?
Est-ce la colère ?
L'impatience ?
L'orgueil ?
La gourmandise ?
La recherche du confort ?
Le désir d'être reconnu ?
La difficulté à pardonner ?
Ne nous décourageons pas devant nos faiblesses.
Nous n'avons pas à nous sanctifier par nos seules forces.
Nous devons coopérer à la grâce de Dieu, demander son secours et reprendre courage après chaque chute.
La persévérance humble vaut mieux que les résolutions extraordinaires abandonnées après quelques jours.
Glorieux saint Humbert,
vous qui avez abandonné les honneurs du monde pour vous consacrer entièrement à Dieu, obtenez-nous la grâce d'aimer les biens éternels plus que les biens passagers de cette terre.
Vous qui avez embrassé la vie monastique dans l'amour de la prière, de l'obéissance et de la pénitence, apprenez-nous à mieux servir Notre-Seigneur dans l'état de vie où sa Providence nous a placés.
Obtenez-nous la force de combattre nos passions désordonnées, de mortifier notre amour-propre, de résister aux tentations et de pratiquer les vertus chrétiennes avec persévérance.
Saint Humbert, obtenez-nous un esprit véritablement humble, patient dans les épreuves, fidèle dans les petites choses et généreux dans le service de Dieu.
Aidez-nous à préparer notre âme à la mort, afin que, lorsque viendra notre dernière heure, nous puissions paraître devant Notre-Seigneur avec une conscience en paix et une foi vivante.
Saint Humbert, abbé et serviteur de Dieu, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Choisissons aujourd'hui une passion ou un défaut précis à combattre.
Ne cherchons pas à tout changer en une journée.
Décidons simplement :
« Avec la grâce de Dieu, aujourd'hui je combattrai particulièrement ce défaut. »
Puis, à chaque occasion de pratiquer la vertu contraire, faisons une courte prière :
« Jésus, aidez-moi à vaincre pour Vous. »
Pour gagner le ciel, il nous faut dompter, non les fauves du désert, mais les passions de notre nature, vraies bêtes farouches que la muselière seule peut réduire.
Cette réflexion nous rappelle que la vie chrétienne comporte un véritable combat spirituel.
Notre Seigneur nous appelle à être saints.
Cela demande la grâce de Dieu, mais aussi notre coopération fidèle : prière, vigilance, renoncement, pénitence, confession, Eucharistie et persévérance.
Ne nous décourageons donc jamais devant nos faiblesses.
Combattons aujourd'hui comme si nous commencions seulement le combat, et remettons demain entre les mains de la Divine Providence.
Saint Humbert nous enseigne :
✝️ À préférer Dieu aux honneurs du monde.
🙏 À répondre généreusement à l'appel de Dieu.
🕯️ À aimer la prière, la pénitence et l'obéissance.
🌿 À pratiquer la mortification avec humilité et prudence.
🛡️ À combattre nos passions désordonnées.
❤️ À rechercher une amitié fondée sur Dieu.
🌅 À vivre chaque jour dans la perspective de l'éternité.
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Saint Humbert, priez pour nous et obtenez-nous la grâce de vaincre nos passions afin de vivre toujours davantage selon la volonté de Dieu.