« Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice, et tout le reste vous sera donné par surcroît. »
(Saint Matthieu 6, 33)
Le 7 août, la Sainte Église célèbre Saint Gaétan de Thienne, fondateur de la Congrégation des Clercs réguliers Théatins, apôtre de la confiance absolue en la Providence divine et modèle de charité envers les pauvres.
Toute son existence fut marquée par un profond amour de Jésus-Christ, une tendre dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie et un détachement héroïque des biens de ce monde.
Saint Gaétan naquit à Vicence, en Italie, au sein d'une illustre famille chrétienne.
Avant même sa naissance, sa mère le consacra à la Très Sainte Vierge Marie.
Lorsqu'il vint au monde, on lui donna le nom de Gaétan, afin de perpétuer une ancienne tradition familiale, mais on y ajouta celui de Marie, comme signe de sa consécration à la Reine du Ciel.
Cette protection maternelle de la Sainte Vierge accompagnera toute sa vie.
Très jeune déjà, Gaétan manifesta une extraordinaire compassion envers les plus démunis.
La souffrance des pauvres le faisait pleurer.
Tous les mendiants du voisinage le connaissaient.
Ils l'appelaient affectueusement :
« Notre petit ami. »
Chaque fois qu'il recevait quelques pièces de monnaie de ses parents pour récompenser sa bonne conduite, il s'empressait de les distribuer aux nécessiteux.
Lorsque sa petite réserve était épuisée, il trouvait toujours un moyen d'en constituer une nouvelle.
Et lorsqu'il ne possédait plus rien, il demandait lui-même l'aumône à ses parents pour l'amour de Dieu, afin de pouvoir continuer à secourir les pauvres.
Cette charité ne le quittera jamais.
Devenu prêtre, Gaétan fit construire une église sur ses terres afin d'y célébrer les saints mystères et d'y exercer son ministère.
Il vivait dans une grande simplicité.
Ses vêtements étaient modestes, parfois même négligés.
Cette pauvreté volontaire irritait son père, qui lui reprochait de déshonorer le nom de sa famille en fréquentant continuellement les pauvres.
Le saint répondait presque toujours par le silence.
Il préférait laisser parler ses œuvres.
Son zèle apostolique s'étendait particulièrement aux ouvriers, aux malades et aux plus abandonnés.
Partout où il se rendait, sa première visite était toujours pour les pauvres.
Sa charité conquit progressivement les cœurs.
Ceux qui l'avaient d'abord critiqué finirent par admirer les nombreux fruits spirituels de son ministère.
Le Seigneur récompensa un jour cette âme profondément humble par une grâce extraordinaire.
Pendant la nuit de Noël, alors qu'il priait avec une grande ferveur, Notre Seigneur Jésus-Christ lui apparut sous la forme d'un petit Enfant.
Saint Gaétan reçut le divin Enfant dans ses bras.
Il Le contempla avec un amour inexprimable.
Son cœur se fondit entièrement dans la contemplation de Celui qui s'était fait pauvre pour sauver les hommes.
Cette faveur mystique rappelle combien la véritable pauvreté évangélique conduit à une intimité profonde avec Jésus.
Installé à Rome, Saint Gaétan fut profondément attristé par le relâchement de nombreux membres du clergé.
Avec quelques saints prêtres, il fonda la Congrégation des Clercs réguliers Théatins.
Le but de cette nouvelle famille religieuse était de restaurer la ferveur sacerdotale par :
Les Théatins choisirent de vivre dans une confiance absolue envers la Providence.
Ils ne demandaient jamais d'argent.
Ils ne recherchaient ni revenus fixes ni bénéfices ecclésiastiques.
Ils attendaient tout de Dieu.
Et jamais la Providence ne leur fit défaut.
Saint Gaétan répétait souvent que la confiance en Dieu vaut davantage que toutes les précautions humaines.
Lorsque les ressources manquaient, il invitait simplement ses compagnons à prier.
Très souvent, au moment où tout semblait perdu, une aide providentielle arrivait d'une manière inattendue.
Ainsi le Seigneur confirmait que ceux qui cherchent avant tout Son Royaume ne manquent jamais du nécessaire.
Parvenu à un âge avancé, Saint Gaétan tomba gravement malade à Naples.
On voulut lui procurer un lit plus confortable.
Il refusa.
Il demanda à mourir sur la cendre et le cilice, comme un humble pénitent.
On voulut également appeler un médecin célèbre.
Il répondit avec simplicité :
« Je suis un pauvre religieux qui ne vaut pas la peine d'être assisté. »
Au moment de quitter cette terre, la Très Sainte Vierge Marie, à laquelle il avait été consacré dès avant sa naissance, vint elle-même recevoir son âme.
Il s'endormit dans la paix de Dieu, laissant derrière lui le souvenir d'un homme consumé par l'amour divin.
On disait de lui :
« Un séraphin à l'autel, un apôtre dans la chaire. »
Saint Gaétan nous enseigne que la véritable richesse ne réside pas dans les biens de ce monde mais dans la confiance en Dieu.
La pauvreté évangélique n'est pas seulement le renoncement aux richesses.
Elle est surtout une entière dépendance envers la Providence.
Les pauvres apprendront de lui la résignation chrétienne.
Les riches apprendront le détachement.
Tous découvriront que la véritable joie se trouve dans la charité.
« Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. »
(Saint Matthieu 5, 3)
Ô glorieux Saint Gaétan,
vous qui avez vécu dans une confiance sans réserve envers la Providence divine,
obtenez-nous un cœur détaché des biens de ce monde.
Apprenez-nous à aimer les pauvres,
à servir généreusement nos frères,
à chercher avant tout le Royaume de Dieu,
et à remettre entre les mains du Seigneur toutes nos inquiétudes.
Que votre exemple nous conduise à une foi toujours plus profonde,
à une charité toujours plus généreuse,
et à une confiance filiale envers notre Père du Ciel.
Ainsi soit-il.