« La dévotion à la Sainte Vierge faisait élever dans les airs Saint Joseph de Cupertino ; aimons Marie de tout notre cœur, et elle nous élèvera à son divin Fils. »
Joseph, dit de Cupertino, petite ville des environs de Salente, diocèse de Nardo, naquit de parents pieux, l'an de grâce 1603.
Prévenu de l'amour de Dieu, il passa son enfance et sa jeunesse dans une grande simplicité et innocence de moeurs.
Délivré d'une cruelle maladie, par sa bonne Mère du ciel, Joseph s'appliqua avec une nouvelle ardeur aux oeuvres de la piété et à la pratique des vertus ; et, pour s'unir plus intimement à Dieu, qui l'appelait à une perfection plus élevée, il voulut revêtir les livrées du Séraphin d'Assise.
Après bien des difficultés, il parvint enfin à la réalisation de ses désirs et entra chez les Pères Capucins, où, vu son ignorance des lettres humaines, il fut d'abord reçu parmi les Frères-lais.
Toujours ravi en Dieu, il mettait un temps si considérable à exécuter des travaux de peu d'importance que les supérieurs, le jugeant incapable de rendre aucun service à la communauté, le renvoyèrent dans le siècle.
Il se trouva alors dans une bien triste position.
Aucun de ses parents ne voulait lui donner asile, sa mère le maltraitait, et tous le considéraient comme un paresseux et un insensé.
Enfin, sur les instances de sa mère, les Frères Mineurs Conventuels consentirent à lui donner l'habit de saint François, en le chargeant de soigner la mule du couvent.
Dans cet humble emploi, il se distingua tellement par la sainteté de sa vie, et par son zèle pour la conversion des pécheurs, que ses supérieurs s'aperçurent bientôt la valeur de cette âme extraordinaire.
Ils conçurent pour lui la plus haute estime, et le reçurent enfin dans la communauté sous le nom de Frère Joseph.
Mais notre Saint n'était pas encore satisfait.
Il ne lui suffisait pas d'être religieux, il aspirait au sacerdoce.
Ambition étrange, et, selon toute apparence, présomptueuse et insensée !
À peine savait-il lire, et de toute l'Écriture, il ne put jamais expliquer qu'un texte : l'Évangile des messes de la Sainte Vierge :
« heureuses entrailles qui Vous ont porté. »
Marie cependant, contente de l'amour de Son serviteur, le seconda dans ses desseins.
Car, par une disposition merveilleuse de la Providence, dans tous ses examens, il ne fut jamais interrogé que sur cet évangile, qu'il avait si bien approfondi, et sur lequel il répondit de manière à satisfaire pleinement les examinateurs les plus exigeants.
Ordonné prêtre, au mois de mars 1628, Joseph se sépara complètement du monde.
Il recherchait les emplois les plus humbles du couvent, il pratiquait des austérités inouïes, ne mangeait que tous les 3 ou 4 jours, et cela avec tant de modération, qu'il était facile de voir que son corps même vivait d'une nourriture cachée, que les hommes ne connaissaient pas.
En effet, son corps, aussi bien que son âme, était soutenu par la sainte Eucharistie ; et après la messe qu'il célébrait tous les jours, avec une grande dévotion, l'augmentation de force qu'il avait puisée dans la sainte communion se manifestait par l'animation de ses traits et la vigueur de sa démarche.
Comme à saint François, les animaux lui obéissaient, les éléments étaient dociles à sa voix ; à son attouchement, les malades étaient guéris.
En un mot, la nature semblait n'avoir plus de lois en présence des désirs de Joseph.
Pour lui, les lois de la pesanteur étaient suspendues, ou plutôt le centre qui l'attirait, ce n'était pas, comme pour nous pauvres misérables, la terre, mais le ciel.
Aussi était-il souvent élevé, à la vue de ses Frères, à une distance considérable au sol, et là, il demeurait en contemplation, tout absorbé en Dieu.
Chaque fois qu'on récitait en sa présence les Litanies de la Sainte Vierge, il s'élevait en l'air et allait embrasser l'image de la Mère de Dieu.
Ces transports aériens, ces vols dans l'espace furent si habituels à notre Saint que les actes du procès de canonisation en rapportent plus de soixante-dix survenus dans le seul territoire de Cupertino, aussi peut-on affirmer sans crainte, que durant la moitié peut-être de sa vie, ses pieds n'ont point touché le sol.
« La dévotion à la Sainte Vierge faisait élever dans les airs Saint Joseph de Cupertino ; aimons Marie de tout notre cœur, et elle nous élèvera à son divin Fils. »
La vie de saint Joseph de Cupertino nous enseigne surtout que la grandeur d'une âme ne se mesure pas aux qualités humaines que le monde admire.
Celui que l'on jugea longtemps incapable de rendre de grands services devint, par la grâce de Dieu, un religieux, un prêtre et un serviteur des âmes.
Son chemin fut celui de l'humilité, de l'obéissance, de la prière et de la confiance en la Providence.
Les phénomènes extraordinaires rapportés dans sa vie ne constituent pas le cœur de la sainteté chrétienne. Ils attirent l'attention, mais la véritable grandeur de saint Joseph réside dans son amour de Dieu, son attachement à la Sainte Eucharistie, sa dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie et son abandon entre les mains de la Providence.
L'image de saint Joseph de Cupertino s'élevant au-dessus du sol peut devenir pour nous une belle figure spirituelle.
Nous sommes souvent retenus par les choses de la terre : préoccupations, amour-propre, richesses, honneurs, inquiétudes et distractions.
Saint Joseph nous rappelle que l'âme doit tendre constamment vers le Ciel.
Mais ce mouvement ne s'accomplit pas par nos seules forces.
C'est la grâce de Dieu qui nous élève.
C'est pourquoi nous devons demander avec humilité :
Seigneur, détachez mon cœur des choses qui passent et attachez-le aux biens éternels.
La dévotion à la Très Sainte Vierge nous conduit au Christ, car Marie ne garde rien pour elle-même : elle conduit toujours ses enfants vers son divin Fils.
Saint Joseph avait une dévotion particulièrement ardente envers la Mère de Dieu.
Son amour filial pour Marie se manifestait jusque dans les phénomènes extraordinaires rapportés par sa vie : la récitation des Litanies de la Sainte Vierge provoquait chez lui ces transports mystiques au cours desquels il se serait élevé dans les airs pour aller vers l'image de Notre-Dame.
Pour nous, qui ne sommes pas appelés à ces grâces extraordinaires, le chemin est plus simple :
prier Marie, l'honorer avec un cœur sincère, réciter fidèlement le Rosaire et chercher par elle à mieux aimer Jésus-Christ.
La véritable dévotion mariale conduit toujours à une plus grande fidélité à Notre-Seigneur.
Saint Joseph de Cupertino fut longtemps considéré selon les apparences humaines : pauvre en connaissances, lent dans certains travaux, peu estimé de son entourage.
Pourtant, Dieu regardait au cœur.
Cette vérité doit nous préserver du jugement téméraire et du mépris envers les plus faibles.
« Car l'homme regarde ce qui paraît, mais le Seigneur regarde le cœur. »
1 Samuel XVI, 7
Celui que le monde considère comme inutile peut devenir un instrument privilégié de la grâce.
Demandons donc au Seigneur la grâce de ne jamais rechercher les honneurs, les compliments ou la considération des hommes, mais uniquement de lui être fidèles.
Saint Joseph de Cupertino, humble serviteur de Jésus-Christ,
vous qui avez connu l'humiliation, la pauvreté et les difficultés avant d'être appelé au sacerdoce,
obtenez-nous la grâce de ne jamais nous décourager devant nos faiblesses.
Apprenez-nous à accepter avec patience ce que la Providence permet dans notre vie.
Vous qui aimiez profondément la Très Sainte Vierge Marie, conduisez-nous à elle afin qu'elle nous conduise à son divin Fils.
Obtenez-nous un grand amour pour la Sainte Eucharistie, une fidélité constante dans la prière, une véritable humilité et un ardent désir du Ciel.
Aidez-nous à nous détacher des choses de la terre et à élever nos pensées vers les réalités éternelles.
Priez pour les prêtres, pour les religieux, pour ceux qui souffrent, pour les âmes qui doutent et pour tous ceux qui cherchent sincèrement Dieu.
Saint Joseph de Cupertino, priez pour nous.
Très Sainte Vierge Marie, Reine des Anges et des Saints, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
Aujourd'hui, prenons la résolution de faire un acte d'humilité volontaire : accepter une contrariété sans nous plaindre, rendre humblement un service caché ou renoncer à rechercher l'approbation des autres.
Puis, récitons avec ferveur un Ave Maria, en demandant à la Très Sainte Vierge de nous conduire toujours plus près de Jésus.
« Aimons Marie de tout notre cœur, et elle nous élèvera à son divin Fils. »
✠ Saint Joseph de Cupertino, priez pour nous.
✠ Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous.
Veni Creator — Pour la défense de la Foi catholique, la prière et la sanctification des âmes.