« Les saints ne tremblent que devant Dieu. »
La vie de saint Gérard nous enseigne le courage surnaturel, la fidélité à Dieu et le refus de sacrifier la Foi à la crainte des hommes.
Gérard naquit à Venise de parents illustres.
Il prit de bonne heure la robe monacale et se mit en route pour faire le pèlerinage des saints lieux.
Comme il traversait la Hongrie, le roi Saint Etienne fit en sorte qu'il le retînt dans ses États.
L'homme de Dieu se bâtit un ermitage dans une solitude appelée le Beel, où il vécut sept années, sans autre compagnie que celle d'un religieux nommé Maur.
Ainsi, avant même de recevoir une charge publique dans l'Église, Gérard apprit dans le silence et la solitude à rechercher uniquement Dieu.
Saint Etienne le tira malgré lui de cet état d'obscurité, en le nommant évêque de Canise ou Morissène.
Après la mort de ce prince, les Hongrois voulurent élever au trône un seigneur nommé Alban.
Gérard s'y opposa vainement ; mais sans trembler devant la puissance et la cruauté du nouveau monarque, il lui prédit qu'après deux ans de règne la mort le traînerait devant son juge.
L'événement justifia la prophétie.
Pour succéder au tyran, André, fils de Ladislas-le-Chauve, promit de rétablir le culte des faux dieux.
Dès que saint Gérard connut cet engagement de son souverain, il se mit en route avec trois autres prélats pour tenter auprès de lui une démarche en faveur de la foi catholique.
Il eut alors une vision où Notre-Seigneur lui présentait le calice de son propre sang : par là il comprit que Dieu lui réservait l'honneur du martyre.
Nos courageux pontifes étaient arrivés au bord du Danube, lorsqu'ils rencontrèrent le duc Vatha, qui donna l'ordre de les lapider.
Au moment du supplice, Gérard fait le signe de la croix, et voici que toutes les pierres qu'on jette aux saints confesseurs demeurent suspendues en l'air.
Nullement ébranlé par ce prodige, le farouche monarque commande de traîner l'évêque de Cânise sur la pointe d'un rocher, pour le précipiter en bas.
Dans sa chute le serviteur de Dieu se brisa la tête contre une pierre, et ses bourreaux l'achevèrent à coups de lance.
« Les saints ne tremblent que devant Dieu. Nous, hélas ! peut-être tremblons-nous davantage devant le monde, oubliant ainsi la parole de Notre-Seigneur : "Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme ; mais craignez plutôt celui qui peut précipiter l'âme et le corps dans la géhenne du feu." »
Cette réflexion nous conduit au cœur même du courage chrétien.
Le saint ne place pas son espérance dans la puissance des hommes. Il sait que toute autorité terrestre est passagère et que le jugement de Dieu est éternel.
Combien de fois la crainte du regard des autres nous fait-elle renoncer à ce que nous savons être juste ?
La peur du jugement, le désir de plaire, la recherche de la tranquillité ou la crainte des moqueries peuvent progressivement affaiblir la vie chrétienne.
Saint Gérard nous rappelle qu'il faut demeurer ferme lorsque la fidélité à Dieu exige courage et persévérance.
Notre-Seigneur nous enseigne :
« Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme. »
Le chrétien ne doit donc pas rechercher les conflits ni mépriser les hommes. Il doit simplement savoir à qui appartient la première place dans son cœur : à Dieu seul.
La Sainte Écriture enseigne :
« La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. »
Psaume CX, 10
Craindre Dieu ne signifie pas vivre dans une peur servile.
C'est reconnaître sa majesté, sa justice et sa souveraineté, et comprendre que le salut éternel vaut infiniment plus que tous les avantages terrestres.
Saint Gérard préféra rester fidèle à la Foi plutôt que de se soumettre à une puissance humaine qui voulait restaurer le culte des idoles.
Son exemple nous rappelle qu'une âme véritablement attachée à Dieu ne doit pas vendre sa conscience pour obtenir la paix, la sécurité ou l'approbation du monde.
Le courage de saint Gérard ne naquit pas de l'orgueil.
Il avait d'abord connu la solitude, le silence, la vie monastique et la prière.
Avant d'être un évêque intrépide devant ses persécuteurs, il fut un moine cherchant Dieu dans le secret.
C'est une leçon importante pour nous : la force chrétienne ne vient pas d'abord de nos qualités naturelles.
Elle naît de la grâce, de la prière, de la fidélité et d'une âme habituée à se remettre entre les mains de Dieu.
Demandons-nous aujourd'hui :
Est-ce que je crains davantage Dieu ou le jugement des hommes ?
Est-ce que je reste fidèle à mes convictions chrétiennes lorsqu'elles sont moquées ?
Est-ce que je sais renoncer à ce qui déplaît à Dieu, même lorsque cela me coûte ?
Est-ce que je confie suffisamment mes peurs au Seigneur dans la prière ?
Demandons la grâce de saint Gérard : une foi ferme, un cœur paisible et une fidélité sans compromis dans ce qui concerne Dieu.
Saint Gérard, glorieux évêque et martyr de Jésus-Christ,
vous qui avez quitté les honneurs du monde pour rechercher Dieu dans la solitude et la vie religieuse,
obtenez-nous la grâce d'aimer Notre-Seigneur au-dessus de toutes les créatures.
Vous qui avez reçu la charge de conduire les âmes et avez défendu courageusement la Foi catholique,
donnez-nous une foi ferme, une conscience droite et une vraie force chrétienne.
Apprenez-nous à ne pas trembler devant les menaces, les moqueries ou les difficultés lorsque nous devons demeurer fidèles à Dieu.
Obtenez-nous la grâce de préférer toujours le salut de notre âme à tous les biens de la terre.
Lorsque nous sommes éprouvés, soutenez-nous par votre intercession.
Lorsque la crainte nous envahit, obtenez-nous une confiance plus grande en la Providence.
Lorsque le respect humain nous tente, rappelez-nous que nous devons avant tout plaire à Dieu.
Priez pour les évêques, les prêtres et tous les pasteurs de l'Église, afin qu'ils aient le courage de défendre la Foi et de conduire les âmes vers le Christ.
Priez aussi pour les chrétiens persécutés à cause de leur Foi et pour tous ceux qui souffrent à cause de leur fidélité à Notre-Seigneur.
Saint Gérard, évêque et martyr, priez pour nous.
Saint Étienne, roi et confesseur, priez pour nous.
Ainsi soit-il
Aujourd'hui, prenons la résolution de ne pas céder au respect humain.
Lorsqu'une situation nous poussera à agir contre notre conscience chrétienne, faisons intérieurement cet acte de foi :
« Seigneur, je préfère Vous être fidèle plutôt que de rechercher l'approbation des hommes. »
Puis accomplissons avec paix le devoir qui nous incombe.
La vie de saint Gérard nous montre que le véritable courage chrétien n'est pas une attitude de violence ou de provocation.
C'est la fidélité paisible et ferme à Jésus-Christ.
Le saint a accepté de souffrir plutôt que d'abandonner la Foi.
Que son intercession nous aide à vivre cette même fidélité dans les petites comme dans les grandes choses, afin que nous ne soyons pas de ceux qui tremblent devant le monde lorsqu'il faudrait rester debout devant Dieu.
« Ne craignez point ceux qui tuent le corps et ne peuvent tuer l'âme. »
✠ Saint Gérard, évêque et martyr, priez pour nous.
✠ Seigneur, donnez-nous la grâce de ne jamais Vous préférer le monde.
Veni Creator — Pour la défense de la Foi catholique, la prière et la sanctification des âmes.