26 août – Saint Amadour, solitaire du Ier siècle selon l'ancienne tradition
D'après une ancienne tradition, Amadour serait le même personnage que Zachée de l'Évangile.
On croit également qu'il aurait été l'époux de sainte Véronique, cette femme courageuse qui essuya la face de Jésus montant au Calvaire.
Cette identification appartient à la tradition ancienne attachée à Rocamadour. Elle nous invite surtout à contempler le mystère de la conversion, de la pénitence et du désir de se donner entièrement à Dieu.
Notre-Seigneur venait de guérir un aveugle près de Jéricho.
Entré dans cette ville, bientôt il se voit entouré d'une grande foule. Au milieu de ce peuple, il y avait un homme riche, chef des publicains, qui se nommait Zachée.
Sachant donc que Jésus va passer, il se place sur son chemin, et comme la foule l'empêche de voir, — il était de très petite taille — il monte sur un sycomore.
Le divin Maître arrive, lève les yeux et dit :
« Zachée, descends vite, car il faut que je loge aujourd'hui dans ta maison. »
Le publicain descend en hâte et conduit à sa demeure son auguste visiteur.
Cependant Zachée, recevant son hôte, lui dit :
« Seigneur, je donne aux pauvres la moitié de mes biens ; et si j'ai fait tort à quelqu'un en quoi que ce soit, je lui rends le quadruple. »
Jésus répond :
« Cette maison a reçu aujourd'hui le salut, parce que celui-ci est aussi enfant d'Abraham. Car le Fils de l'homme est venu pour chercher et sauver ce qui avait péri. »
Telle fut la conversion de Zachée, que certains auteurs mettent au nombre des soixante-douze disciples de Notre-Seigneur.
Cette scène évangélique demeure un magnifique enseignement sur la véritable conversion : lorsque la grâce touche une âme, elle produit non seulement le regret du péché, mais également la réparation du mal commis et une généreuse charité envers le prochain.
Après l'Ascension, un vieux navire désemparé le conduisit miraculeusement aux côtes de la Provence avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et quelques autres.
Il vint en Aquitaine chercher une solitude.
Au milieu du Quercy, dans un labyrinthe de roches qui s'élèvent au-dessus d'un ravin étroit et profondément creusé par les eaux torrentielles du Lauzon, il trouva une sombre vallée, peuplée de bêtes fauves, et qui s'appelait alors le Val ténébreux.
Ce sévère et grandiose paysage ne pouvait manquer de plaire à un homme qu'occupaient de hautes et austères pensées.
Il se bâtit une humble cellule sur l'un des points culminants de la montagne, creusa dans le roc un oratoire en l'honneur de la Mère de Dieu, et y plaça une statuette de la Vierge qu'il avait sculptée.
Les peuples des environs saluèrent le pieux ermite du nom de Roc-Amadour, qui aime le rocher.
À sa mort, il fut enseveli dans le vestibule de la petite chapelle.
Son tombeau demeura longtemps inconnu, mais les miracles opérés par l'image de la Mère de Dieu firent affluer les foules à ces roches désertes.
Le sanctuaire de Roc-Amadour, l'un des plus anciens qui soient au monde selon cette tradition, fut alors en grande vénération.
On y montrait la fameuse épée de Roland, la Durandal, apportée de Roncevaux après sa mort.
Au-dessus de la porte, une cloche sonnait d'elle-même lorsqu'un chrétien exposé au naufrage implorait la Vierge de Roc-Amadour.
Ainsi se développa autour de ce lieu une profonde dévotion mariale, faisant de Rocamadour l'un des grands sanctuaires consacrés à la Très Sainte Vierge Marie.
L'an 1166, il plut à Dieu de faire éclater la gloire de son pieux serviteur.
Un habitant du pays voulut, à sa mort, être inhumé à l'entrée de l'oratoire.
En creusant sa fosse, on découvrit le corps du bienheureux.
Il était intact et se conserva jusqu'au jour où les huguenots vinrent piller la sainte chapelle.
Ils livrèrent aux flammes les reliques du saint : le feu les respecta.
Alors le chef des hérétiques prit un marteau et les brisa en proférant d'horribles blasphèmes.
À son tour, la Révolution de 1793 s'efforça de les anéantir.
Ce que l'on put soustraire à ce vandalisme sacrilège est aujourd'hui renfermé dans deux reliquaires : dans l'un on voit des ossements à demi consumés par le feu et mêlés avec une poussière semblable à une cendre noire ; dans l'autre apparaissent plusieurs ossements et le foie que le feu n'a pas endommagés.
La tradition de Rocamadour nous rappelle l'ancien enracinement de la dévotion mariale dans notre pays.
La France a été, au cours des siècles, profondément marquée par les sanctuaires dédiés à la Très Sainte Vierge Marie : lieux de pèlerinage, de conversion, de prière et de pénitence.
Rocamadour demeure ainsi un témoignage particulièrement précieux de cette longue histoire de la piété mariale française.
Ô Très Sainte Vierge Marie,
Notre-Dame de Rocamadour, refuge des pauvres pécheurs et consolatrice des affligés, nous nous plaçons avec confiance sous votre maternelle protection.
Vous qui avez conduit tant d'âmes vers votre divin Fils, obtenez-nous la grâce d'une véritable conversion du cœur.
Apprenez-nous à renoncer au péché, à pratiquer la pénitence, à aimer la prière et à vivre fidèlement selon les commandements de Dieu.
Comme Zachée, donnez-nous le courage de réparer le mal que nous avons pu commettre et de pratiquer généreusement la charité envers nos frères.
Ô Marie, Mère de Dieu et notre Mère, protégez la France.
Obtenez à notre pays la grâce de retrouver la foi de ses pères, l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ et la fidélité à la Sainte Église catholique.
Notre-Dame de Rocamadour, priez pour nous.
Saint Amadour, priez pour nous.
Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous.
Saint Lazare, priez pour nous.
Tous les saints de France, priez pour nous.
Ainsi soit-il.
La vie attribuée traditionnellement à Saint Amadour nous conduit d'abord à méditer sur la miséricorde de Dieu.
Zachée était publicain, riche et méprisé. Pourtant, lorsque le Christ passa près de lui, il ne le repoussa pas.
Notre-Seigneur entra dans sa maison et transforma son cœur.
La conversion véritable ne consiste donc pas seulement à éprouver un sentiment de regret : elle conduit à changer de vie.
Zachée rendit ce qu'il avait injustement pris et donna généreusement aux pauvres.
« Le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui avait péri. »
Cette parole de l'Évangile demeure une consolation pour toute âme qui revient sincèrement vers Dieu.
Aucune misère passée ne doit nous faire désespérer de la miséricorde divine lorsque nous revenons à Notre-Seigneur avec un cœur contrit, dans le repentir, la confession sacramentelle et la résolution de vivre désormais selon sa sainte volonté.
« La sainte Vierge n'oublie pas qu'à l'origine même du christianisme, des sanctuaires furent bâtis en son honneur sur la terre des Gaules. Marie aime toujours la France ; ayons donc une double confiance en elle, et comme chrétien et comme Français. »
Que cette confiance ne soit pas une confiance sentimentale ou purement humaine.
Demandons à la Très Sainte Vierge de nous conduire toujours davantage à Jésus-Christ, son divin Fils, car toute authentique dévotion mariale conduit nécessairement au Christ.
Si vous souhaitez soutenir la diffusion de la foi catholique, la transmission de la doctrine chrétienne, la dévotion aux saints et la mise en valeur de notre patrimoine spirituel, vous pouvez contribuer librement à cette mission.
Que Notre-Seigneur Jésus-Christ vous bénisse, et que la Très Sainte Vierge Marie vous garde sous sa maternelle protection.
Saint Amadour — 26 août